Essonne : Elle réclame toujours justice 12 ans après la mort de son fils

Raphaël, 12 ans, est mort écrasé en 2007 par la chute du toit d’une maison abandonnée dans laquelle il jouait. Malgré une relaxe prononcée le 5 juin 2018 par le tribunal d’Évry à l’encontre de la ville d’Igny, sa mère a interjeté appel pour défendre les droits de son fils au civil. Elle a ouvert une cagnotte pour payer une avocate réputée.

« C’est comme si Raphaël n’avait jamais existé, comme si tout le monde se fichait de sa mort. » France Rabbolini a perdu son fils il y a bientôt 12 ans. Si beaucoup lui conseillent de « passer à autre chose », elle ne peut s’y résoudre. Elle porte sa douleur depuis le 26 février 2007, ce jour tragique où son garçon de 12 ans est mort écrasé après la chute du toit de garage d’une maison abandonné dans les bois, propriété de la ville d’Igny. Une douleur ravivée depuis le 5 juin 2018, et la relaxe de la mairie d’Igny prononcée par le tribunal correctionnel d’Évry. La commune était poursuivie pour « homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence. »

Cette décision de justice intervenue 11 ans après le drame, France Rabbolini ne l’a pas comprise. Et ne la comprend toujours pas. « Mon avocat a écrit au parquet pour que le procureur interjette appel, mais rien ne s’est passé dans le délai imparti de 10 jours », détaille-t-elle. Les parties civiles n’ayant pas le droit de faire appel, France Rabbolini se lance dans une nouvelle bataille : un nouveau procès, mais au civil cette fois-ci. Elle en a officiellement déposé l’acte le 15 juin 2018 auprès du greffe du tribunal de grande instance d’Évry.

Pour mettre toutes les chances de son côté, elle a sollicité Sylvie Noachovitch, avocate en droit de la famille et droit pénal connue pour avoir chroniqué dans des émissions de télévision et de radio de Julien Courbet. Mais les honoraires des robes noires réputées ont un coût. France Rabboloni vient donc de lancer une cagnotte sur le site « le pot commun » pour réunir d’ici le 25 mai prochain les 10 000 € nécessaires. Dix-huit donateurs lui ont déjà permis d’atteindre les 10 % de la somme.

« Cette maman est très émouvante, confie Sylvie Noachovitch. Je lui ai conseillé de se tourner vers un confrère aux honoraires moins élevés, mais elle n’en démord pas, elle veut que je la défende. »

L’avocate qui a juste longuement parlé au téléphone avec la mère de famille est prête à prendre le dossier même si elle attend de rencontrer France Rabbolini pour prendre officiellement sa décision. « Outre des dommages et intérêts, une responsabilité peut être prononcée devant les instances civiles, même si cela n’a pas été le cas au pénal. J’ai déjà eu des affaires où cela s’est passé ainsi », poursuit Me Noachovitch.

Ce qui ne soulagerait pas la peine de France Rabbolini, qui éclate en sanglots dès qu’elle parle de Raphaël. « Mais au moins, qu’on ne me dise pas que mon petit garçon est coupable de sa propre mort, lâche-t-elle. Au tribunal, il a été dit que c’est parce qu’il a donné des coups de pied dans le mur que le toit s’est effondré. Cette baraque maudite pesait 12 t, Raphaël 32 kg du haut de son 1,35 m. C’est effroyable de dire des choses pareilles. »

Malgré les épreuves, France Rabbolini a tenu bon. « Pour mon autre fille, la jumelle de Raphaël, et mon fils aîné, souffle la maman. Raphaël est avec moi tous les jours, il était si souriant. Si d’autres enfants étaient morts, on aurait mis en évidence les manquements d’institutions qui prétendent protéger leurs citoyens mais qui n’en font rien. Mais un seul mort, ce n’est rien visiblement. Je n’oublierai jamais. Je voudrais crier à la terre entière ma colère et ma tristesse. »

La cagnotte est disponible ici : https://www.lepotcommun.fr/pot/d7m2xx3s

D’après LP

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