Disparues de Nérac : rejet de la demande de libération pour la mère des 2 fillettes disparues

Détenue à Pau depuis quelques mois, la mère d’Inès et Nawal continue de nier les avoir tuées et affirme qu’elles sont ailleurs, et vivantes. Les ados polyhandicapées ont disparu de leur maison de Nérac en décembre 2016. Sa demande de remise en liberté a été rejetée hier à Agen.

Début mars, placée en détention provisoire à Pau, la mère d’Ines et Nawal, les deux fillettes disparues en décembre 2016 à Nérac, avait saisi, en vain, la chambre de l’instruction de la cour d’appel pour obtenir sa remise en liberté et son éventuel placement sous contrôle judiciaire. Après ce refus, elle a fait appel de la décision et les débats ont eu lieu hier en audience publique au palais de justice d’Agen mais sans l’intéressée, qui a refusé d’être extraite de sa cellule pour assister à l’audience en visioconférence entre le Béarn et Agen.

Les magistrats n’ont pas infléchi leur position. Cette mère de famille de 51 ans reste en détention provisoire. Le ministère public a mis en avant le risque de fuite et la possibilité du renouvellement de l’infraction pour justifier les réquisitions de rejet de la demande de remise en liberté. Cette femme a été mise en examen pour assassinats en janvier 2018 et l’enquête sous commission rogatoire se poursuit. Il s’est écoulé un an et demi depuis septembre 2017.

Handicapées depuis leur naissance, les deux sœurs n’ont pas retrouvé l’institut médico-éducatif à l’issue des vacances de Noël 2 016. Leur disparition n’a été signalée à la justice qu’en mars, à la suite d’une alerte lancée par les services du conseil départemental. Il a fallu attendre le 11 juillet 2017 pour l’ouverture d’une information judiciaire par les services du procureur de la République d’Agen.

Depuis décembre 2016, aucune trace des deux fillettes. Les déclarations de leur mère ont été vérifiées et contredites. Elle a proposé deux versions coup sur coup. Les adolescentes étaient au Maroc chez des proches, puis elles ont été confiées à un couple sur une aire d’autoroute en Espagne. Au fil des derniers mois, c’est désormais la thèse d’un placement dans un pays étranger qui est mis en avant.

« Elle n’a de cesse de dénoncer les abus des institutions qui ont accueilli ses enfants » martelait hier à l’audience publique Sophie Grolleau, l’avocate de la mère. « Elle n’a qu’une volonté, s’exprimer lors de son procès sur le désintérêt de ces mêmes institutions pour ses filles. Elle a vécu douze ans de calvaire, douze ans à se battre sans y parvenir à chercher une institution compétente […] Elle et ses petites ont trop souffert. Si elle dit où elles se trouvent, on va lui reprendre. C’est ce qu’elle craint, c’est pour ça qu’elle veut se battre. » L’avocate cite à l’audience publique  Céline Boussié, la lanceuse d’alerte qui a dénoncé la « maltraitance institutionnelle » de la Maison des enfants de Moussaron dans le Gers.

Pour Me Grolleau, il n’existe aucune preuve du décès des deux sœurs. « À supposer qu’elles ne soient plus de ce monde, qui peut affirmer que leur mère les a tuées ? » Un élément à charge contre la mère soupçonnée d’assassinat reste les lattes de parquet prélevées dans la chambre des filles à Nérac. « La présence de sang est avérée mais la tâche existait auparavant et rien n’atteste qu’il s’agit de l’ADN des adolescentes. A-t-on effectué des prélèvements chez les anciens locataires, des propriétaires pour savoir à qui appartient cet ADN féminin qui n’est pas celui des fillettes et de leur mère ? »

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