Meurtre d’une joggeuse près de Toulouse: acquittement requis faute de preuve

Patricia bouchon avait disparu pendant son jogging en 2011./ Photo AFP

“Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut”, a estimé la cour d’assises de Haute-Garonne.

Ce jeudi, l’avocat général de la cour d’assises de Haute-Garonne a requis l’acquittement de Laurent Dejean, jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon en 2011 à Bouloc, près de Toulouse.

“Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut”, a expliqué David Sénat. Reprenant une citation de Stefan Zweig, le procureur général a affirmé en préambule être “personnellement quasiment certain que c’est lui l’assassin mais il me manque la preuve ultime”.   

“L’intime conviction n’est pas une intime émotion”, a affirmé le magistrat, démontant méticuleusement un “dossier vide” et soulignant la “fragilité” du témoignage qui avait conduit les enquêteurs à interpeller Laurent Dejean. 

Exprimant ainsi ses “doutes” sur la culpabilité de l’accusé, il a demandé son acquittement.

La famille de la victime “pas surprise”

“On n’est pas surpris, on s’en doutait. On ne peut pas nier qu’il n’y ait pas de preuves évidentes de la culpabilité de Laurent Dejean mais on ne peut pas nier que tous les indices mènent à lui”, a indiqué à la presse Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

“J’espère que les jurés ne seront pas dupes et comprendront que Laurent Dejean est une personne dangereuse”, a-t-elle ajouté.

La disparition de Patricia Bouchon, le jour de la Saint-Valentin 2011, avait été signalée par son mari, inquiet de ne pas la voir revenir de son jogging quotidien au petit matin. 

Le corps de la mère de famille de 49 ans n’avait été retrouvé qu’un mois et demi plus tard dissimulé dans une conduite d’eau, le crâne enfoncé.

Le suspect a toujours clamé son innocence

Fin 2017, l’avocat général de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Toulouse avait estimé qu’il n’y avait pas, dans le dossier de plus de 40.000 pièces, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. 

Ce premier réquisitoire avait cependant été ensuite infirmé par la chambre de l’instruction qui avait tranché en faveur du renvoi devant un jury populaire. 

Depuis son interpellation quatre ans après les faits, Laurent Dejean un ouvrier plaquiste aujourd’hui âgé de 39 ans, schizophrène et placé sous curatelle, a constamment clamé son innocence.

Jeudi après-midi le procès doit se poursuivre par la plaidoirie de la défense. Le verdict est attendu vendredi.

Avec AFP

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