Oise : le gérant du centre équestre condamné à 16 ans de réclusion pour viols

Sept plaignantes. Six jours d’audience. C’est un procès d’assises exceptionnel qui s’est achevé ce mardi, après quatre heures de délibéré et la condamnation de Thierry Ouvrard, 49 ans, à seize ans de réclusion criminelle et à un suivi sociojudiciaire de cinq ans, prévoyant notamment une injonction de soins.

Placé en détention provisoire en février 2016, le fondateur de l’association Les Hercui-Liens a été reconnu coupable des viols et agressions sexuelles dont l’accusaient sept jeunes filles. Toutes étaient âgées de 12 à 18 ans au moment des faits et fréquentaient le centre équestre, à Glatigny.

S’habiller court ne constitue pas « un appel au viol », a martelé l’avocat général

En prononçant cette condamnation, la cour est allée au-delà des réquisitions de l’avocat général, qui avait considéré que quinze ans de réclusion étaient une « peine juste et utile » pour Thierry Ouvrard.

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Beauvais, lundi. Me Benoît Varin assurait la défense de Thierry Ouvrard à la cour d’assises de l’Oise. LP/C.F.

En préambule de ce réquisitoire implacable de près de deux heures, Florent Boura avait invité les jurés à « écarter les préjugés ». « Ça n’est pas parce que des filles ont accepté d’avoir des relations sexuelles avec Thierry Ouvrard que toutes ont accepté », avait insisté l’avocat général, soulignant que s’habiller court ou porter un décolleté ne constitue pas un « appel au viol ».

« Revenir sur le lieu du viol ne signifie pas qu’il n’y a pas eu viol »

Florent Boura est également revenu sur le fait que les plaignantes soient retournées au centre équestre après avoir été victimes des agissements de Thierry Ouvrard, « le mentor, le confident » sous « l’emprise » duquel elles étaient. « Revenir sur le lieu du viol ne signifie pas qu’il n’y a pas eu viol », estime l’avocat général.

Il a rappelé « la difficulté à parler, la peur d’être exclue, la honte et la culpabilité » ressenties par les victimes dont seulement 10 % déposent plainte. Selon lui, le caractère « réitéré » des accusations, « maintenues pendant toute la durée de la procédure » leur donne un crédit incontestable.

L’accusé est resté « ferme dans ses dénégations »

Thierry Ouvrard, lui aussi, aura été constant dans ses déclarations et « ferme dans ses dénégations », a plaidé de son côté Me Benoît Varin. Reprenant accusation après accusation et pointant les contradictions dans les témoignages, l’avocat de la défense s’est employé à distiller « le doute » dans l’esprit des jurés, doute qui devait profiter à son client. La cour d’assises n’en a eu aucun.

D’après LP

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