Affaire Lambert: un comité de l’ONU demande à la France la poursuite des soins

Depuis 2008, Vincent Lambert est hospitalisé dans un état végétatif à la suite d’un accident de la route. Fin avril, le Conseil d’État a validé la décision de mettre fin aux soins, malgré l’opposition des parents.

Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) demande à la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l’attente d’une instruction sur le fond, a annoncé ce samedi les avocats des parents.
    
Cette annonce intervient quatre jours après que la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait, elle, ouvert la voie à l’arrêt des soins de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims dans un état végétatif depuis 10 ans, en rejetant la demande de suspension d’une décision du Conseil d’État.

La France a six mois pour répondre

“La requête a été enregistrée et l’instruction commence devant ce comité international”, une procédure qui dure “en pratique plusieurs années”, a assuré Maître Jérôme Triomphe, l’un des avocats des parents. 
    
L’État français dispose de six mois pour fournir ses observations au comité. En attendant, ce dernier demande à la France de veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues, en vertu de la convention relatives aux droits des personnes handicapées.

“C’est une grande satisfaction: enfin une instance spécialisée va pouvoir se prononcer sur le fond de l’affaire. Est ce qu’il est normal qu’on tue une personne handicapée au motif qu’elle est handicapée? (…) Est-ce qu’il est à sa place dans un service de soins palliatifs, enfermé à clé dans une chambre (…) ou est-ce que sa place est dans une unité spécialisée?”, a déclaré Me Triomphe.

Il a également dit son “grand soulagement” car “il y a depuis plus d’un an un acharnement judiciaire et médical à faire mourir Vincent”.

État végétatif “irréversible”

Une nouvelle étape dans la bataille judiciaire entamée il y a six ans entre membres d’une famille déchirée sur le maintien ou non en vie de Vincent Lambert. Les parents de Vincent Lambert, cloué sur un lit d’hôpital depuis un accident de la route en 2008, sont farouchement opposés à l’euthanasie passive

Pourtant, le Conseil d’Etat avait donné en 2014 son feu vert pour l’arrêt des soins de Vincent Lambert, à la suite d’une expertise confiée à un collège d’experts. Celle-ci avait jugé que l’état végétatif de Vincent Lambert était “irréversible”.  

En juin 2015, la Cour européenne des droits de l’Homme s’était aussi prononcée pour un arrêt des traitements. Le 31 janvier dernier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) avait également jugé que “le maintien des soins et traitements” constituait “une obstination déraisonnable”, clé de voûte de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. Une décision de nouveau confirmée par le Conseil d’État fin avril.

Avec AFP

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