La police judiciaire de Grenoble relance un appel à témoins dans l’affaire de la disparition de Malik Boutvillain en 2012.

Le 6 mai 2012 au matin, Malik Boutvillain a subitement disparu. Il a quitté son domicile d’Echirolles, dans l’Isère, sans papier, sans téléphone et sans argent. Sept ans plus tard, cette disparition et ses conditions restent totalement mystérieuses. Disparition volontaire, suicide, piste criminelle? Afin d’éclaircir cette affaire, la police judiciaire de Grenoble relance l’appel à témoins diffusé en 2012.

La piste Lelandais écartée?

Au moment de sa disparition, le jeune homme, aux cheveux châtains courts, était âgé de 31 ans. Cet homme, décrit comme fragile psychologiquement, était intégré socialement. C’est sa mère, inquiète de ne pas réussir à le joindre, qui avait donné l’alerte. “Il avait préparé ses papiers pour aller voter, c’était la veille de l’élection de François Hollande, il est sorti faire un jogging avec ses clés dans la poche, ça n’a rien d’une disparition volontaire”, tranche Me Bernard Boulloud, l’avocat de la famille de Malik Boutvillain, qui demandait depuis plusieurs mois cet appel à témoins.

Le nom de Malik Boutvillain est revenu sur le devant de l’actualité il y a un peu plus d’un an avec l’affaire Nordahl Lelandais. Le dossier de cette disparition a été examiné par la cellule Ariane, constituée pour étudier le passé du le meurtrier présumé de Maëlys et Arthur Noyer. Une quarantaine de dossiers reste actuellement entre les mains des gendarmes qui composent cette cellule, estimant que la piste Lelandais pouvait être envisagée.

Information judiciaire

La famille de Malik Boutvillain s’était agacée de ne pas être informé si le dossier de leur fils et frère faisait partie de cette quarantaine d’affaires. Selon nos informations, à ce stade, il n’y a pas de lien avéré entre la disparition de Malik Boutvillain et Nordahl Lelandais.

Une information judiciaire pour “pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire”, avec la nomination d’un juge d’instruction, a été ouverte au début de l’année 2018 pour procéder à de nouvelles investigations qui n’avaient pas été réalisées à l’époque de la disparition du trentenaire. C’est dans ce cadre que l’appel à témoins a été relancée. 

“Nous avons une chance sur 10.000 que quelqu’un ait sa conscience qui se libère, estime Me Boulloud. C’est peu, mais il fallait le faire. Ne pas le faire, c’est se priver peut-être d’un témoignage. Au bout de 7 ans, ça va être difficile, on a laissé périr les seuls indices qui existaient à l’époque.” A la demande de la famille de Malik Boutvillain, Me Berbard Boulloud va demander le dessaisissement de la police nationale pour que l’affaire soit transférer à la gendarmerie.

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