A l’occasion de la journée mondiale de l’asthme, ce mardi, le Professeur Nicolas Roche, chef du service pneumologie à l’hôpital Cochin (AP-HP) revient sur cette maladie qui touche 4 millions de Français et qui fait l’objet de nombreuses idées reçues.

L’asthme touche 4 millions de personnes en France et provoque de nombreux décès chaque année. A l’occasion de la journée mondiale consacrée à cette maladie, organisée ce mardi, le Professeur Nicolas Roche, chef du service pneumologie à l’hôpital parisien Cochin (AP-HP) revient sur cette affection qui touche petits et grands et fait l’objet de nombreuses idées reçues.

L’asthme progresse-t-il en France?

Professeur Nicolas Roche: Oui. L’asthme progresse dans tous les pays, notamment occidentaux. C’est à la fois la prévalence de l’allergie, qui est l’une des causes de l’asthme, et la prévalence de l’asthme lui-même qui augmente. On voit de moins en moins d’asthme, heureusement, (pour lequel les patients sont) hospitalisés. En revanche, en consultation, on en voit de plus en plus.

Entre 900 et 1000 personnes meurent chaque année d’une crise d’asthme. Un nombre qui ne baisse pas depuis plusieurs années. S’agit-il de morts évitables?

Nicolas Roche: Au moins la moitié du millier de morts par asthme sont des morts évitables. Elles sont liées à des traitements qui ne sont pas adaptés, qui ne sont pas pris, à des expositions persistantes à des toxiques de l’environnement, ou à des difficultés d’accès aux soins, même si cela reste rare en France.

Une étude vient de prouver qu’à Paris, un tiers des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant sont liés à la pollution routière. Quel est l’impact concrètement?

Nicolas Roche: La pollution va d’abord intervenir dans la sensibilisation, et le fait de devenir allergique. Ensuite, elle va augmenter la quantité d’allergènes présents dans l’atmosphère. Enfin, elle contient des toxiques, des irritants pour les bronches donc plus il y a de pollution, plus il y a de risques de voir des crises d’asthme se produire.

Que peut-on améliorer en France dans la prise en charge des asthmatiques?

Nicolas Roche: Seuls 7% des asthmes sont sévères en France, c’est-à-dire très difficiles à contrôler malgré une prise en charge optimale. C’est donc une minorité. En revanche, on sait que côté traitement, la moitié de ce qui est prescrit est pris tel que cela a été prescrit. Ce qu’on appelle l’observance, c’est-à-dire le suivi de traitement, n’est donc présente que chez un patient sur deux. Il faut aussi sensibiliser l’entourage, valoriser son rôle, car il est essentiel.

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