“Nouveaux recours” des parents de Vincent Lambert lundi contre l’arrêt programmé des soins

Nouveaux recours annoncés et manifestation devant l’hôpital : les parents de Vincent Lambert multiplient les initiatives à la veille de l’arrêt programmé des soins sur leur fils, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, 

Les avocats de Viviane et Pierre Lambert ont ainsi assuré dimanche qu’ils déposeraient lundi “de nouveaux recours” pour tenter de stopper l’interruption des traitements prévue à partir de lundi. Interrogé, Me Jérôme Triomphe, a simplement indiqué qu’il y en aurait “trois”, sans préciser devant quelle juridiction.

“Les parents de Vincent Lambert saisissent également les autorités et tribunaux compétents d’une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sanchez ainsi que de poursuites pénales à son encontre”, ajoutent dans un communiqué Jean Paillot et Jérôme Triomphe, à propos du médecin dirigeant le service des soins palliatifs et l’unité “cérébrolésés” de l’hôpital Sébastopol de Reims où il est hospitalisé. 

Le médecin Vincent Sanchez, qui dirige le service des soins palliatifs et l’unité “cérébrolésés” de l’hôpital Sébastopol, est dans le viseur des parents. C’est lui qui leur a annoncé le 10 mai l’arrêt des traitements, fort des décisions du Conseil d’Etat et de la Cour européenne des droits de l’homme validant, dans ce cas précis, la notion d'”obstination déraisonnable” au maintien en vie.

Les parents implorent Emmanuel Macron

Les avocats des parents ont depuis saisi un organisme de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui a demandé à la France de ne pas suspendre les soins dans l’attente de l’examen du dossier sur le fond par ses soins. Mais la France répète que ces mesures conservatoires “sont dépourvues de caractère contraignant” et met en avant le “droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable”.

Samedi, les avocats des parents ont aussi imploré Emmanuel Macron de faire maintenir les traitements dans une lettre ouverte, qualifiant la mort programmée du patient de “crime d’Etat commis au prix d’un coup de force contre l’Etat de droit”.

Avec ces “nouveaux recours dès lundi”, ils entendent faire “respecter les mesures provisoires réclamées à deux reprises par l’ONU et dont le défenseur des Droits a rappelé le caractère obligatoire”. Un message que les parents du patient ont repris dimanche après-midi devant l’hôpital Sébastopol où ils avaient appelé à un rassemblement pour “supplier” les médecins “de continuer à nourrir et hydrater” leurs fils.

“Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, nourrissez Vincent Lambert”, “La vie pour Vincent !”, ont notamment scandé les quelque 100 à 150 personnes ayant pris part à ce rassemblement. “C’est une euthanasie déguisée”, a insisté Mme Lambert, applaudie à son arrivée avec son mari. 

Réaction de plusieurs politiques

Ils ont reçu dimanche le soutien de François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, qui a estimé lors du grand jury RTL/Le Figaro/LCI qu’on “devrait écouter” le CDPH et qu’on “se laisse le temps”.

“Des instituts spécialisés proposent d’accueillir Vincent Lambert (une requête constante des parents, NDLR), j’ai du mal à comprendre qu’on se précipite”, a ajouté le responsable politique, considérant qu’Emmanuel Macron “devrait intervenir” et “donner son sentiment sur cette question fondamentale”.

“Le président de la République ne veut pas aller à l’encontre de décisions de justice, il peut simplement donner sa grâce à un condamné, ce qui est très différent de ce que les parents de Vincent Lambert demandent”, a réagi sur France 3 Nathalie Loiseau, tête de liste de la majorité à ces mêmes élections.

Père de la loi de 2016 régissant la fin de vie, Jean Leonetti, par ailleurs premier vice-président LR, est allé dans le même sens.

“Le président de la République ne peut se substituer au pouvoir des tribunaux, aux décisions médicales”, a-t-il dit sur Europe 1. Pour lui, l’arrêt des soins de Vincent Lambert s’inscrit bien “dans le cadre de la loi”, estimant que cette décision est “d’autant plus douloureuse” pour les parents “qu’elle est tardive”.

Un symbole du débat sur la fin de vie en France

Ancien infirmier psychiatrique, Vincent Lambert se trouve depuis plus de dix ans en état végétatif à la suite d’un accident de la route survenu en septembre 2008, quand il avait 32 ans.

L’affaire, devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille depuis six ans: d’un côté, les parents, un frère et une sœur s’opposent à l’arrêt des soins; de l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et sœurs du patient dénoncent un “acharnement thérapeutique”.

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