Seine-Maritime: suspicion de maltraitance après un décès dans un Ephad, une enquête ouverte

Le parquet de Rouen a ouvert une enquête pour faire la lumière sur la mort d’un homme de 89 ans dans un établissement de Grugny, atteint de la maladie d’Alzheimer et dont son état s’est rapidement dégradé après son arrivée dans l’Ehpad.

Le parquet de Rouen a ouvert une enquête, après la plainte d’une famille contre une maison de retraite de Seine-Maritime qu’elle accuse d’avoir maltraité et négligé un proche, un homme de 89 ans décédé le 5 mai.
    
Le procureur de la République à Rouen, Pascal Prache, a confirmé l’ouverture d’une enquête “sans autre commentaire en l’état”, après le dépôt d’une plainte de la famille révélée par RTL.

Gangrène, dénutrition, déshydratation 

“Mon père est mort de la gangrène, de dénutrition, de déshydratation et de douleur par défaut de soins. C’était une personne vulnérable et l’établissement de Grugny (Seine-Maritime) ne l’a pas accompagné”, selon Isabelle Tessier, l’une des filles d’Henri Tessier, l’octogénaire décédé, dans sa plainte transmise au procureur.

“L’état de mon père, atteint de la maladie d’Alzheimer, s’est rapidement dégradé après son arrivée dans l’Ehpad en février dernier”, a-t-elle ajouté. “Personne ne s’est occupé de lui pendant les derniers jours de sa vie. On ne peut pas accepter qu’une personne finisse sa vie dans de telles souffrances.”

La direction de l’Ehpad de Grugny et son avocate n’ont pas souhaité s’exprimer.

“L’Ehpad de Grugny ne doit pas être un mouroir pour personnes dépendantes et vulnérables. Mon papa avait plus que jamais besoin de soins, d’attention, d’être assisté, rassuré et protégé, il a eu tout le contraire”, dénonce Mme Tessier dans sa plainte envoyée le 10 mai. 

Des “manquements” lors de la prise en charge

Cette femme de 54 ans s’appuie, entre autres, sur un rapport d’experts commandé par le tribunal administratif de Rouen. Dans ce document, un professeur de médecine interne, Pierre-Yves Hatron, souligne “certains manquements lors de la prise en charge médicale d’Henri Tessier”.
    
Notamment un “retard de prise en charge (d’un) ulcère artériel qui incombe à l’établissement de Grugny”. Celui-ci “a été à l’origine d’une perte de chance d’éviter le décès du patient. On estime cette perte de chance d’éviter le décès du patient à 10 à 15%”, détaille l’expert.

Un cas isolé ?

Selon lui, il y a également eu un manquement “dans la surveillance de l’état d’hydratation de Monsieur Tessier et dans sa prise en charge”. “Cette déshydratation globale a sans aucun doute participé à l’altération de l’état général du patient et son décès”, souligne cet expert qui dénonce aussi “un manquement dans la prise en charge de la douleur d’Henri Tessier, altérant la qualité de sa fin de vie”.

“J’attends de cette plainte que les défaillances de l’établissement soient reconnues par la justice. Je suis persuadée que le cas de mon père n’est pas un cas isolé au sein de cet établissement”, avance Isabelle Tessier. 

Avec AFP

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