3 à 11 ans de réclusion pour des viols collectifs à Noisy-le-Sec

Cinq à quinze ans étaient requis. Les quatre jeunes plaignantes ont été reconnues victimes. Les onze accusés sont emprisonnés.

Tous restent en prison. Les dix jeunes accusés jugés depuis plus de deux semaines par la cour d’assises des mineurs à Bobigny pour des viols collectifs à Noisy-le-Sec sont retournés en prison. Le onzième accusé, seul à comparaître libre, après un an et demi de détention provisoire, a lui aussi été menotté pour être emprisonné.

Des peines de prison de 3 à 11 ans ont été prononcées dans la soirée de jeudi par la cour d’assises des mineurs. Les deux avocats généraux avaient requis 5 à 15 ans de réclusion. Ces onze jeunes gens, aujourd’hui âgés de 18 à 22 ans étaient encore mineurs pour huit d’entre eux en 2016. Ils ont tous été condamnés pour au moins un viol.

Le 15 septembre 2016, une adolescente s’était rendue dans la cité, à la demande de son ancien petit ami. Sur le chemin du retour, à l’arrêt de bus, elle s’était fait voler son téléphone. C’était un motif fallacieux pour l’attirer dans une cave, où au moins dix jeunes ont abusé d’elle avant l’entraînement de foot. En état de choc, elle s’était confiée à une voisine à la sortie de la cave, déclenchant une enquête d’envergure.

Trois autres victimes identifiées

En plus des arrestations, les enquêteurs de la Sûreté territoriale ont identifié trois autres victimes. Ces quatre jeunes femmes étaient là jusqu’au verdict, après treize journées de débats à huis clos éprouvants, selon les avocats.

La motivation du jugement de dix pages était trop longue pour être lue au cours du verdict, a expliqué le président Philippe Coirre. Il lui a déjà fallu près de vingt minutes pour rendre compte, à la vitesse éclair, des réponses à la centaine de questions posées pour la totalité des accusés.

En question pour chacun, la participation aux viols, l’implication dans les séquestrations des victimes, retenues dans la cave le temps que d’autres garçons abusent d’elles.

Huit auteurs étaient mineurs

Le verdict a été rendu publiquement, dans une salle comble mais dans un impressionnant silence, à peine troublé par les pleurs des proches des accusés. De rares soupirs de soulagement étaient perceptibles sur les bancs de la défense, qui a décroché quelques acquittements sur une partie des faits au moins.

L’excuse de minorité a été retenue pour les mineurs, ce qui diminue de moitié la peine encourue. Selon leur implication, les accusés ont été condamnés à 3, 4, 5, 6, 9, 10 et 11 ans de prison, pour les trois accusés les plus impliqués. Ces trois jeunes gens sont en outre condamnés à une injonction de soins à leur sortie de prison, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes. A défaut, ce serait deux ans de prison supplémentaires. Tous les accusés sont détenus depuis deux ans environ.

Un possible appel

« Plus que la peine, ce qui compte c’est qu’elles soient reconnues comme victimes », se satisfait une avocate de la partie civile, soulagée de la présence de SOS Victimes tout au long du procès. La présence de l’association, prévue au départ pour une seule victime, a permis le soutien de toutes les victimes. Ce ne sera peut-être pas l’épilogue judiciaire de ce terrible été de 2016. L’éventualité d’un appel s’est déjà fait entendre dans les rangs de la défense.

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