#BalanceTonPorc : Sandra Muller, la créatrice du mouvement, jugée ce mercredi

Poursuivie par l’homme qu’elle avait accusé nommément sur Twitter, la journaliste Sandra Muller, qui avait créé le mot clé devenu viral #BalanceTonPorc dans le sillage du scandale Weinstein en 2017, est jugée pour diffamation mercredi à Paris.

AFP / Angela WEISSLa journaliste Sandra Muller le 16 octobre 2017 à New York

Poursuivie par l’homme qu’elle avait accusé nommément sur Twitter, la journaliste Sandra Muller, qui avait créé le mot clé devenu viral #BalanceTonPorc dans le sillage du scandale Weinstein en 2017, est jugée pour diffamation mercredi à Paris.

Le 13 octobre 2017, la journaliste de la Lettre de l’audiovisuel tweetait le message suivant : “#BalanceTonPorc !! Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends”. Message suivi quatre heures plus tard par un second tweet : “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. Eric Brion ex-patron de Equidia #BalanceTonPorc”. Ce tweet avait été rediffusé plus de 2 500 fois.

Mot clé devenu viral

De son côté, Eric Brion, consultant et ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia, avait attaqué Sandra Muller en diffamation, réclamant 50 000 euros de dommages et intérêts, 15 000 euros de frais de justice, la suppression du tweet divulguant son nom et des publications judiciaires.

“Voilà quelqu’un qui a reconnu dans un premier temps qu’il a eu une conduite non convenable, qui s’en est excusé, et qui brusquement décide d’attaquer en justice”, commente Francis Szpiner, l’un des avocats de Sandra Muller.

“C’est de la délation. À aucun moment il n’a la possibilité de se défendre, il est cloué au pilori”, dénonce de son côté Me Nicolas Bénoit, qui défend Eric Brion. 

Des excuses, mais “pas d’amalgame”

En décembre 2017, dans le journal Le Monde, Eric Brion avait dit “réitérer ses excuses” à Sandra Muller, reconnaissant avoir “tenu des propos déplacés” à son encontre “lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée” – tous deux ne travaillant pas ensemble. 

Il affirmait néanmoins refuser “l’amalgame” entre son “comportement et l’affaire concernant (le producteur hollywoodien) Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes”.

Tous deux devraient être présents mercredi après-midi au tribunal.

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