Erratum: Non, l’ado néerlandaise de 17 ans Noa Pothoven n’a pas choisi de s’euthanasier

De nombreux médias français et étrangers ont affirmé par erreur que cette Néerlandaise de 17 ans, morte dimanche, avait été euthanasiée. La jeune fille s’est en realité suicidée.

« Après des années à me battre, je suis épuisée », écrivait il y a quelques jours Noa Pothoven sur son compte Instagram. Capture écran Instagram

De nombreux médias français et étrangers ont affirmé par erreur que cette Néerlandaise de 17 ans, morte dimanche, avait été euthanasiée. La jeune fille s’est en realité suicidée.

Dramatique, l’histoire de Noa Pothoven a largement dépassé les frontières des Pays-Bas. Atteinte de dépression et d’anorexie après les agressions sexuelles et viols subis pendant son enfance et son adolescence, cette jeune Néerlandaise de 17 ans est décédée ce dimanche. En France ou à l’étranger, de nombreux médias, comme Paris Match ou le New York Post, ont affirmé dans un premier temps que la jeune femme avait été euthanasiée. Cette version des faits est erronée.

Après avoir contacté un journaliste néerlandais suivant l’affaire pour un quotidien local, Naomi O’Leary, journaliste à Politico, a expliqué pourquoi ce jeudi sur son compte Twitter. Si Noa Pothoven a bien demandé l’année dernière à se faire euthanasier, la clinique sollicitée a refusé.

«Dans un délai maximum de dix jours, je serai morte»

« Sa famille avait essayé plusieurs types de traitement psychiatrique et Noa avait été hospitalisée à de nombreuses reprises. Ces derniers mois, elle avait fait plusieurs tentatives de suicide », raconte Naomi O’Leary.

Ses parents ont même essayé de la traiter par des électrochocs, mais ce traitement leur a été refusé. « Pothoven a insisté qu’elle ne voulait plus être traitée et un lit d’hôpital a été installé au domicile de ses parents. Au début du mois de juin, elle a commencé à refuser de boire et de manger. Ses parents et ses médecins ont accepté de la nourrir de force. »

C’est ce qu’avait indiqué Noa Pothoven elle-même dans un message publié sur son compte Instagram, qui a depuis été supprimé. « Dans un délai maximum de dix jours, je serai morte, écrivait-elle. Après des années à me battre, je suis épuisée. J’ai arrêté de boire et de me nourrir depuis un moment, et après de nombreuses discussions, il a été décidé de me laisser partir parce que ma souffrance est insoutenable. »

«Elle a arrêté de manger et de boire»

En réaction à la publication de nombreux articles erronés concernant le décès de Noa Pothoven, Levenseindekliniek, l’institution chargée des euthanasies aux Pays-Bas, a publié un communiqué ce mercredi pour démentir la version des faits propagée dans le monde entier. « Nous renvoyons à cette déclaration faite par des amis de Noa dans l’après-midi : Noa Pothoven n’est pas décédée après avoir été euthanasiée. Pour mettre un terme à ses souffrances, elle a arrêté de manger et de boire. »

« Très peu de jeunes adultes se trouvent dans des établissements pour se faire euthanasier, et c’est encore plus rare lorsque cela est lié à des problèmes psychiatriques », a précisé à Dutchnews Elke Swart, une porte-parole de Levenseindekliniek.

Aux Pays-Bas, l’euthanasie a été dépénalisée en 2002. Lorsque le patient a moins de 18 ans, le consentement des parents est obligatoire. En 2016, environ 6 000 personnes ont mis fin à leur vie de cette manière. Cela représente 4 % des décès dans le pays.

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