Justice: Assassinats dans le Loir-et-Cher, «J’ai pris la hache… j’ai tué deux personnes»

Wissam Harroud est jugé à partir de ce jeudi devant les assises à Blois (Loir-et-Cher) pour avoir assassiné sa petite amie et la mère de celle-ci en 2015. L’accusé a reconnu les faits mais sans donner de mobile.

Devant les experts psychologue et psychiatre, Wissam Harroud avait une nouvelle fois reconnu les faits. « J’ai pris la hache […] J’ai tué deux personnes […] Je me rappelle de presque tout », relatait le mis en examen avant de confier, plus tard aux mêmes interlocuteurs : « Tellement ça a été choquant […] je refuse de m’en rappeler ». Va-t-il enfin consentir à convoquer ses souvenirs du double assassinat perpétré le matin du 28 novembre 2015 à La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher) ? C’est l’un des enjeux du procès qui s’ouvre ce jeudi devant la cour d’assises du Loir-et-Cher à Blois.

Wissam Harroud, 22 ans, est accusé d’avoir massacré à coups de hache et de couteau sa petite amie et la mère de celle-ci, puis d’avoir mis le feu dans les chambres de ses victimes avant de s’enfuir au volant d’une des voitures de cette famille. À l’époque, il avait 18 ans. S’il a toujours reconnu le double assassinat, le garçon n’a jamais fourni de mobile, formulant simplement des hypothèses – « peut-être une vengeance ou alors un crime passionnel » – devant les experts psychologue et psychiatre.

« L’instruction n’est pas satisfaisante. Elle n’a pas apporté d’explications sur le passage à l’acte et tout n’a pas été fait pour », considère Me Abed Bendjador, avocat de l’accusé. Son client ne détient-il pas, seul, la réponse à cette question ? « Ce n’est pas aussi simple. Il a de vrais trous dans ses souvenirs », rétorque Me Bendjador qui mise sur les quatre journées d’audience pour que les motifs de ces crimes soient établis.

L’accusation y voit un acte prémédité

La vérité, Wissam Harroud la doit avant tout aux proches d’Axelle et de Magali Zonca, tuées lâchement et avec sauvagerie ce 28 novembre 2015. Selon sa dernière version, livrée lors de la reconstitution des faits, le jeune homme est arrivé la veille au soir à La Ferté-Imbault pour voir sa petite amie, Axelle, 18 ans. À l’époque, Wissam redouble sa terminale, mais se plaît à faire croire qu’il est en première année de médecine. Cela fait deux ans qu’il fréquente Axelle, rencontrée au lycée de Romorantin. Une relation compliquée, émaillée de ruptures. Des proches de l’étudiante en psychologie le décrivent comme jaloux et possessif, voire violent (ce qu’il nie). Ils décrivent son emprise psychologique sur Axelle qui veut mettre un terme à leur histoire mais sans y parvenir.

Le matin du 28 novembre, le père d’Axelle quitte la maison en voiture pour se rendre à son travail. Le petit ami de sa fille en profite pour entrer, après avoir selon ses dires passé la nuit dans une dépendance. Il explique avoir trouvé une hache, fichée dans le bois, puis être monté à l’étage pour se rendre dans la chambre d’Axelle… Un scénario qui caractérise, selon l’accusation, la préméditation, tout comme le fait que l’assassin se soit changé ensuite avec les vêtements qu’il avait emportés. Ses versions évolutives des faits ou encore son « refus » de s’expliquer sur les motifs de ses actes plaident, toujours aux yeux de l’accusation, en faveur de cette préméditation.

Wissam Harroud sera interpellé le 30 novembre 2015 au volant de la voiture volée, après avoir percuté un muret en tentant d’échapper à un contrôle de police. Dans un sac, les enquêteurs ont notamment retrouvé des habits tachés de sang, une hachette et un couteau, les armes du crime. Détenu depuis, l’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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