Bébé secoué : le père condamné à 8 ans de réclusion criminelle

Ce jeune homme de 28 ans comparaissait depuis mardi pour avoir secoué à mort son fils de cinq mois, en août 2017, à Mantes-la-Ville.

C’est un drame horrible qui a détruit cette jeune famille. La cour d’assises des Yvelines a condamné ce jeudi Cédric E. à huit ans de réclusion criminelle pour avoir secoué à mort son fils de cinq mois, en août 2017, à Mantes-la-Ville. L’avocat général Jean-Pierre Buffoni avait requis à la mi-journée une peine de douze ans de réclusion à l’encontre de ce jeune homme de 28 ans, qui comparaissait depuis mardi devant les jurés.

L’alerte avait été donnée le 26 août par un médecin de l’hôpital Necker (Paris XVe) où le nourrisson avait été admis la veille pour une épilepsie. Le médecin a décelé le syndrome du bébé secoué et le petit Zack, dans un état désespéré, décédera quelques jours plus tard. Son père Cédric passe aux aveux expliquant qu’il a secoué son fils sous le coup d’une tension incontrôlable du petit, qui souffrait de maux de ventre.

« Il était dépassé, agacé et incapable de faire face à ses responsabilités de père »

L’avocat général rappelle que l’accusé a donné entre huit et dix versions de cette histoire au cours de l’instruction avant d’expliquer qu’il était un jeune père. « C’est le cœur de notre dossier. Cédric E. est un homme immature qui passe le plus clair de son temps à jouer aux jeux vidéo. Il était sous tension, stressé et angoissé. Il souffre de la maladie de Crohn et il a des dettes énormes, plus de 60 000 € ».

Il insiste sur l’expertise médicale qui a révélé que Zack avait été secoué une premier fois le 22 août. Mais qu’il avait réussi à récupérer après ce choc. « Les faits du 22 sont importants parce qu’ils auraient pu être un signal d’alerte. Mais Cédric E. ne l’a pas entendu car il était dépassé, agacé et incapable de faire face à ses responsabilités de père », ajoute Jean-Pierre Buffoni, qui estime, toutefois que « ce jeune homme a peu de chance de récidiver ».

Il espère renouer avec la mère de l’enfant

L’avocat de la défense Me Guillaume Gombart demande aux jurés de « faire preuve de nuance » et leur demande de tenir compte « des circonstances atténuantes » et de prononcer « une peine à un chiffre avec une partie de sursis ». « Je vous demande de le faire sortir rapidement de prison », résume-t-il. Il rappelle que son client a été abandonné par ses parents, qu’il manque de confiance en lui et qu’il était très heureux d’avoir eu cet enfant. Il estime que Cédric E. a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées dans cette affaire avec sincérité et rappelle qu’il a tout avoué et espère encore secrètement renouer avec sa compagne.

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