Galfingue (Haut-Rhin), le 29 octobre 2003. Les corps de quatre nouveau-nés avaient été retrouvés dans cette forêt, deux d’entre eux étranglés avec des cordelettes. LP/Olivier Corsan

Un appel prévisible. Comme pressenti à l’énoncé du verdict, Sylvie H. a fait appel vendredi de sa condamnation à 20 ans de prison prononcée jeudi par la cour d’assises du Haut-Rhin pour un quintuple infanticide. Une sentence que de nombreux observateurs ont qualifiée d’une « extrême sévérité », tout comme certaines parties civiles.

Me Marylène Correia, avocate de l’association Enfance Majuscule, partie civile dans cette affaire aux côtés de l’association Enfance et Partage et du fils aîné de Sylvie H., a indiqué à l’AFP avoir reçu vendredi matin la déclaration d’appel.

« Enfance Majuscule n’imaginait pas du tout une peine de 20 ans. J’avais plutôt imaginé quand j’ai plaidé une peine dissuasive, jamais de la vie je n’avais pensé à cette peine de 20 ans ! », a ainsi expliqué Me Correia.

Un procès marqué par un débat virulent entre experts

« Au lieu d’éviter de porter la vie, elle a préféré ôter la vie », avait-elle pointé dans sa plaidoirie, soulignant les possibilités de contraception, d’IVG, d’accouchement sous X offertes à cette femme à l’intelligence « normale », qui a été condamnée pour avoir étouffé ou étranglé cinq nouveau-nés dont elle venait d’accoucher seule dans sa salle de bains.

L’avocat de Sylvie H., Me Roland Moeglen, qui n’était pas joignable vendredi, avait quant à lui décrit sa cliente comme « avant tout une victime » et lancé : « Foutez-lui la paix, elle mérite un peu de repos ! ».

« À cause des dénis de grossesse, l’élément intentionnel (NDLR : constitutif du meurtre) est absent », avait-il également plaidé à la fin d’un procès marqué par un débat virulent entre experts sur la thèse du déni de grossesse. « Vingt ans, c’est excessif, c’est quasiment le record de France ! » s’était-il insurgé.

Le jury avait suivi les réquisitions du parquet et n’avait retenu aucune atténuation de la responsabilité de Sylvie H..

« Vingt ans, c’est excessif, c’est quasiment le record de France ! »

Dans la plus grave affaire française de ce type, Dominique Cottrez, accusée d’avoir tué huit nouveau-nés, avait été condamnée en 2015 à neuf ans d’emprisonnement, les jurés retenant une altération de son discernement.

En février 2017, Magali Verdu avait été condamnée en appel à 20 ans de réclusion par la cour d’assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de deux nourrissons. L’un avait disparu peu après sa naissance en 2005, l’autre avait été trouvé dans un sac-poubelle en novembre 2013.

Une autre affaire de ce type avait beaucoup marqué les esprits : en 2009, Véronique Courjault avait été condamnée à huit ans de réclusion pour le meurtre de trois nouveau-nés, commis en 1999 en France, en 2002 et 2003 en Corée du Sud.

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