Trente-quatre ans après, son meurtrier présumé a enfin un nom. Jeudi en fin de journée, un suspect a été selon nos informations mis en examen pour le meurtre de la jeune Christel Oudin, le 17 novembre 1985. Et c’est donc l’un des plus vieux cold-case de l’histoire que viennent peut-être de résoudre les gendarmes de la Section de recherches d’Amiens (Somme).

Ce dimanche de novembre 1985, la jeune Christel, 13 ans, quitte le domicile de ses grands-parents pour aller voir un march de football, à moins de trois kilomètres de là. La jeune fille disparaît sur le chemin. Son corps ne sera retrouvé que cinq mois plus tard, le 16 avril 1986 à Anguilcourt-le-Sart (Aisne), abandonné sur le chantier de l’autoroute A26. C’est un ouvrier du chantier qui découvrira le cadavre de la jeune fille.

Des dizaines de pistes

Depuis la mort de l’adolescente, fille de policier, des dizaines de pistes ont été explorées dans cette affaire, sans pour autant aboutir. Le dossier avait finalement été clôturé par un non lieu en 1989, puis avait été définitivement fermé en 1995. Les avocats de la famille Oudin, Me Herrmann et Seban, avaient toutefois obtenu, en 2012, la réouverture du dossier.

Un temps confiée à la police judiciaire, l’affaire a finalement été reprise en main par la gendarmerie qui avait déployé d’immenses moyens. « On a repris tout l’historique du dossier, confie une source proche des investigations. C’était un travail de fourmi, toutes les pistes ont été explorées. »

Et finalement donc, un faisceau d’indices a conduit à la mise en examen d’un homme de 66 ans qui « travaillait sur le chantier à l’époque des faits », a confirmé le procureur de la République, Baptiste Porcher. Il avait déjà été entendu en garde à vue au cours de l’instruction, mais avait nié toute implication. Ce qu’il continue à faire aujourd’hui, selon nos informations.

En 2017, le juge d’instruction avait ordonné la jonction du dossier à une autre affaire: le meurtre de Sophie Borca, 16 ans, dont le corps avait été retrouvé quelques mois plus tôt dans le même secteur. Les deux jeunes filles étaient scolarisées dans le même lycée à Saint-Quentin. Deux autres femmes, Marie-Thérèse Borde, 55 ans, et Ghislaine Charlier, la quarantaine, avaient disparu à proximité en 1988. Mais le parquet avait affirmé en 2016 qu’aucun « rapprochement formel»vne pouvait être établi avec les deux premiers dossiers.

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