Vincent Lambert est mort

FILE PHOTO: People demonstrate in support of French quadriplegic Vincent Lambert, who has been in a deep vegetative state for more than a decade, in Paris, France, July 10, 2019. REUTERS/Charles Platiau/File Photo

Les médecins du CHU de Reims avaient arrêté le 2 juillet les traitements prodigués jusque-là à cet homme de 42 ans en état végétatif depuis plus de dix ans.

C’est l’épilogue d’une affaire qui a déchiré une famille pendant plus de dix ans. Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis presque 11 ans et dont les traitements ont été interrompus la semaine dernière, est mort jeudi matin, ont annoncé à l’AFP plusieurs membres de sa famille.

«Vincent est décédé à 8h24 ce matin» au centre hospitalier de Reims (nord-est de la France), a précisé son neveu François. Cet ancien infirmier de 41 ans, né à Châteauroux, dans l’Indre, était hospitalisé au CHU de Reims après un accident de voiture en 2008.

Son médecin avait engagé mardi 2 juillet un nouvel arrêt des traitements, effectif depuis mercredi 3 juillet au soir. Cette décision a été rendue possible le 28 juin par la Cour de cassation, saisie par l’État, qui avait cassé l’arrêt de la cour d’appel du 20 mai dernier. Saisie par les parents de Vincent Lambert, elle avait en effet ordonné la reprise de l’hydratation et de l’alimentation du patient. L’équipe du CHU de Reims avait pourtant arrêté ces traitements quelques heures plus tôt. Le protocole médical prévoit notamment l’arrêt de l’hydratation et de la nutrition par sonde du patient ainsi qu’une «sédation profonde et continue».

Symbole du débat sur la fin de vie

La mère de Vincent Lambert s’était fortement opposée au jugement de la Cour de cassation rendu fin juin, réclamant le «secours» de l’ONU affirmant que l’on voulait «assassiner» son fils. Viviane Lambert s’exprimait lors d’une table ronde organisée en marge de la 41e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, par une ONG basée à Strasbourg, le Centre européen pour le droit et la justice.

Depuis dix ans, l’épouse de Vincent Lambert et ses parents se livrent à une guerre juridique. Sa femme, et le CHU de Reims, souhaitant l’arrêt des soins contrairement aux parents. En 2013, le traitement du patient tétraplégique est arrêté une première fois avant que ses frères et sœurs, ainsi que ses parents, ne saisissent le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Leurs fils était déjà dans le coma depuis 2008.

Au-delà d’un bras de fer familial, cette affaire est devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France. Les parents de Vincent Lambert, fervents catholiques, ont toujours mis en avant le «droit à la vie» de leur fils quand, Rachel Lambert, sa femme, dénonçait elle un acharnement thérapeutique. Mardi soir, une vingtaine de personnes s’étaient rassemblées devant le centre hospitalier de Reims pour protester contre l’arrêt des soins, a constaté un correspondant de l’AFP.

Avec AFP

Laisser un commentaire