Société: Top 10 des mots les plus recherchés par les Français sur un site porno.

Des statistiques révélées par le site pornographique xHamster dimanche dernier ont causé une énorme controverse. Alors que le site partageait le top 10 de ses recherches, la présence en première place du terme “beurette” a fait en sorte que des femmes arabes et nord-africaines se sont mobilisées afin de dénoncer l’utilisation de ce terme et elles ont même créé le hashtag #PasVosBeurettes.

C’est une femme nommée Liza, co-fondatrice du collectif féministe Nta Rajel qui a lancé le hashtag en question.

Selon Liza et les femmes de son collectif, la popularité d’un tel terme donne un très bon aperçu de la situation des femmes arabes et nord-africaines en France: “On n’était pas étonnées. On était scandalisées parce que ces statistiques étaient présentées comme quelque chose de normal, ce n’était pas du tout relevé comme étant problématique”.

Il faut savoir que ce terme est généralement utilisé afin de désigner les femmes arabes comme de simples objets de convoitise. D’ailleurs, lors du dévoilement de son top 10 des recherches les plus populaires, xHamster a complètement ignoré cet aspect sombre lié à ce terme en célébrant la prise de la Bastille, ponctuée de l’exclamation : “Vive la beurette!”.

Selon une enquête menée par The Economist en 2015, on y apprenait que les recherches sur Google du terme “beurette” ne menaient qu’à des sites pornographiques.

Crédit photo: Capture d’écran

Ce qui est très déroutant, c’est qu’à l’origine, le terme “beurette” était apparu en 1983 à l’occasion de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, regroupant les descendants et descendantes d’immigrés nord-africains. Le terme provenait de “beurs”, verlan de l’adjectif “rebeu”, lui-même verlan du mot “arabe”.

C’est après que ce terme ait été repris par les médias qu’il a subi une mutation vers le féminin pour ainsi devenir “beurette”.

Évidemment, ce n’est pas demain la veille que le mot “beurette” disparaîtra du langage populaire, mais Liza et son collectif croient que cette controverse est une bonne occasion de sensibiliser la population quant au côté très péjoratif qui est lié à ce terme. Peut-être qu’un jour, même les sites pornographiques se garderont une petite gêne avant de l’utiliser… Sponsored by Revcontent

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