Meurtre de Prescillia retrouvée dans un cimetière : ce que l’on sait

Les faits

Le corps de la jeune fille de 18 ans a été retrouvé il y a un mois dans le cimetière d’Estagel avec des traces d’agressions sexuelles.

Le 7 juillet, le corps de Prescillia, qui venait d’avoir 18 ans et souffrait d’un déficit intellectuel et d’un handicap moteur léger, a été découvert, à moitié dénudé et frappé de cinq coups de couteau, avec des traces d’agressions sexuelles, dans le cimetière d’Estagel, un village viticole dans les Pyrénées-Orientales.

La jeune fille, qui vivait avec sa mère et sa fratrie, avait assisté la veille au soir au bal des pompiers, avant que sa disparition ne soit signalée dans la nuit.

L’enquête

L’enquête a été confiée aux gendarmes de la section de recherches de Montpellier, de la Brigade de recherche de Rivesaltes et du groupement des Pyrénées-Orientales.

Un profil ADN masculin a été identifié une dizaine de jours après le meurtre. Les comparaisons ADN n’ont pas encore permis l’identification d’un suspect.

Une information judiciaire a été ouverte des chefs “d’homicide volontaire avec arme commis sur une personne vulnérable” et “agression sexuelle commise à l’aide ou sous la menace d’une arme sur personne vulnérable”.

L’appel à témoins

Mercredi dernier, soit un mois après le meurtre, la gendarmerie des Pyrénées-Orientales a lancé un appel à témoins. 

Dans le message posté sur leur page Facebook mercredi, les gendarmes s’adressent à “toutes personnes n’ayant pas encore été contactées et susceptibles de détenir des éléments en relation avec les faits”. Le numéro consacré pour toute information est le 06 27 43 50 34.

Ils cherchent aussi toutes “vidéos, photographies de la soirée” du bal des pompiers à laquelle Prescillia a participé juste avant sa mort.

La douleur de la famille

“C’était une petite fille avec la joie de vivre. Elle était toujours partante pour venir au jardin avec moi, pour faire du vélo mais jamais sans son casque. Elle adorait la musique”, a confié sa maman au micro de France Bleu. 

“Cherchez dans votre mémoire, dans vos téléphones, il y a peut-être des preuves !”, lance-t-elle. “Il y a forcément quelqu’un qui a une photo, une vidéo, qui a vu une scène”, insiste la maman avant que la tante n’ajoute : “le moindre indice peut nous aider. Même si ça vous semble ridicule, ou pas grand-chose, ça peut aider la gendarmerie.” 

“Pour nous, elle a suivi quelqu’un qu’elle connaissait”, ont indiqué sa maman et sa tante à nos confrères de L’Indépendant (article payant).

Un mois après le drame, la maman et la tante de Prescillia, cette jeune fille d’à peine 18 ans dont le corps a été découvert le 7 juillet dans le cimetière du village, atteinte de plusieurs coups de couteau à la gorge, sortent du silence. Pour appeler tous les éventuels témoins à se manifester.

On s’attend toujours à ce qu’elle arrive, là, au bout de la rue… Mais Prescillia ne reviendra pas. Jamais.
Les proches de la jeune fille le savent bien au fond de leur cœur meurtri mais ne peuvent s’y résoudre. Comme pour contenir un peu la douleur infernale qui les étreint depuis un mois. Et pour retenir un peu encore Prescillia auprès d’eux. Accrochés désespérément à cette photo qui les regarde au-dessus d’un petit autel garni de bouquets de fleurs et de peluches, devant la porte de la maison familiale à Estagel.
Prescillia y a l’air heureuse. Avec ce même sourire qu’elle affichait tout le temps. « Elle avait la joie de vivre, pleure aujourd’hui Sophie, sa maman, qui a décidé de sortir du silence. Tout le monde l’aimait. Ma fille sortait, se promenait dans le village, avait des amis. Elle aimait le jardinage et venait avec moi au terrain. Et surtout elle adorait la musique. Elle ne pouvait pas sortir sans son casque audio sur les oreilles. Elle avait 18 ans mais c’était une enfant. Mon autre fille de 8 ans était plus mûre par exemple. C’était dû à son handicap ».
Prescillia menait ainsi une existence d’apparence tranquille. Et insouciante. « Elle allait voir les personnes âgées pour les aider, avec toujours un air gentil. On s’est aperçu après coup à quel point elle était appréciée de tous. Prescillia, elle pouvait vous dire bonjour 3 à 4 fois dans la même journée. Elle était comme ça, se souvient encore sa tante Élisabeth. Elle ne voyait le mal nulle part ».
Déscolarisée depuis 6 ans, la jeune fille « attendait une place pour aller à l’école » et, en décembre, devait être prise en charge par une association. Elle n’en aura pas eu le temps.

Elle ne serait jamais allée toute seule au cimetière

« Elle nous manque beaucoup et son silence est très dur. Il n’y a pas de mot. On ne la voit plus, on ne l’a plus, on nous l’a prise et ce n’est pas juste. Pour nous, elle a suivi quelqu’un qu’elle connaissait. Elle ne serait jamais allée au cimetière toute seule. Déjà, il faut en avoir le courage et la volonté ». Mais difficile de cerner un suspect autour de cette adolescente qui sympathisait et parlait avec tout le monde. Sans voir le mal.
« Il y a un ADN masculin. Il faudrait faire des prélèvements de tout le village et des alentours. On ne sait jamais. Et peut-être, au moins, que l’on pourra écarter cette piste, réclament les proches. On nous a dit que l’enquête avançait mais on ne sait rien. L’auteur n’a toujours pas été trouvé et on pense bien sûr que cela pourrait recommencer. On sait très bien que le bal des pompiers ce n’est pas qu’à Estagel, il y en a dans tout le secteur. Et on conseille aux habitants des autres villages de rester vigilants. ». Et la tante de confier encore : « Quand je vais de chez ma belle-mère à chez ma belle-sœur, je suis toujours retournée pour voir s’il y a quelqu’un derrière moi. En tant qu’adulte j’ai peur, alors imaginez pour les enfants… »
Alors, la famille attend. Ce coup de téléphone qui leur dira : “C’est bon, on a l’assassin”. Mais jusque-là, il faut tenir. « Ce sont mes autres enfants qui m’aident, lâche la maman de Prescillia avant de fondre en larmes. Il n’y a qu’eux qui me permettent de me lever le matin. » Pour aller pleurer sur la tombe de sa fille. Là, dans ce même cimetière, où un inconnu lui a ôté la vie.

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