Vaucluse : il frappait sa femme infidèle a Pertuis, prison avec sursis

En mai dernier, n’y tenant plus, Hélène s’est rendue chez les gendarmes pour déposer plainte et évoquer son quotidien, les brimades, les insultes : “Tu n’es qu’un déchet, une patate, une salope !“. Depuis que son conjoint avait découvert son infidélité un an plus tôt, sa vie s’était muée en enfer.

En début d’audience, l’avocat de la victime, Me Fagot, a d’ailleurs soulevé une exception de nullité ajoutant à ces violences des faits de viol, et demandant donc l’ouverture d’une instruction pour ces faits de nature criminelle. “Il l’a contrainte plusieurs fois à avoir des rapports sexuels non consentis“.

Sans minimiser le cas de la victime, le tribunal a suivi le parquet et joint ces faits au dossier. Jaloux, rigide, Antonio n’aurait pas supporté que sa femme voit un autre homme. “Si elle m’avait quitté, j’aurais compris. C’est elle qui m’a trompé“, ne cesse-t-il de répéter au tribunal, se faisant passer pour une victime, avant d’être recadré aussi sec par la présidente Gruson : “C’est elle la victime, pas vous ! C’est vous qui l’avez frappée !

Un coup de pied aux fesses et des tapes régulières sur la tête ont été dénoncés par la victime. “Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de marques que ce ne sont pas des violences. Vous l’avez humiliée !

“Un macho dans toute sa splendeur”

Un argument repris par l’avocat de la plaignante, qui a insisté : “On ne traite pas une femme comme un Orangina ! On ne la secoue pas ! Vous êtes un macho dans toute sa splendeur, et vous ne cessez de répéter “c’est elle la fautive, c’est elle qui me trompe “!“, pointe l’avocat.

Le procureur Arlaud s’inquiète de l’attitude du prévenu, n’hésitant pas à le comparer à “Hibernatus qui se réveille” : “Vous avez raté un siècle de relations entre les hommes et les femmes ! Ce n’est pas votre chose ni votre propriété ! Vous l’avez humiliée, dénigrée !” Une peine de 12 mois dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve est requise.

Pour la défense du prévenu, Me Julie Miot, en ayant un mot pour la victime, note que ses “déclarations ne sont pas fixées dans le temps” et évoque des “frôlements plutôt que des coups réellement portés“. Le prévenu, placé sous contrôle judiciaire, a écopé de 8 mois d’emprisonnement avec sursis, avec mise à l’épreuve pendant dix-huit mois. Il devra se soigner et a l’interdiction d’entrer en contact avec sa victime.

Laisser un commentaire