Dijon: sur Twitter, des voisins dénoncent des violences conjugales, les autorités réagissent

Dimanche soir, à Dijon, les cris d’une femme ont alerté ses voisins. Après plusieurs appels à la police, l’un d’entre eux décide de diffuser sur Twitter la vidéo dans laquelle on entend la femme appeler au secours, déclenchant une suite de commentaires indignés. Marlène Schiappa et les autorités dijonnaises ont finalement réagi, assurant que l’affaire était prise en charge.

Des faits similaires à ceux de Toulouse, il y a 6 mois.

“S’il vous plaît! A l’aide!” Derrière ces cris et une porte close, l’appel au secours d’une Dijonnaise enregistré par une voisine le 18 août et diffusé sur Twitter. Cette femme est victime des coups de son conjoint “depuis des mois”, assure l’auteure du message, précisant que l’homme menace d’un couteau ceux qui tentent d’intervenir. La police a été alertée, plusieurs fois, mais en vain: “0 réaction”, tance la voisine de la victime.

“La police n’intervient pas?”

Alors, sur le réseau social, les internautes s’emballent. La vidéo montrant un palier et la cage d’escalier de l’immeuble est vue plus de 140.000 fois et les cris qui en surgissent génèrent plus de 3000 commentaires indignés.

“- La police n’intervient pas?
– Pas jusqu’à présent malheureusement”.

Et un autre internaute de réagir: “Le temps qu’ils traitent (le dossier) elle sera peut-être morte”.

“Les autorités sont mobilisées”

Face à l’indignation générale, la secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a finalement pris en main l’affaire. Lundi matin, elle a expliqué que grâce au message d’alerte sur Twitter, son “équipe” avait pris connaissance des faits et avait “contacté les autorités de Dijon qui sont mobilisées”.

Dans le même temps, la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté a fait savoir que “la police nationale était parfaitement informée de la situation de ce couple”. Contrairement à ce qu’affirme l’auteure du tweet d’alerte, les policiers se seraient bien rendus sur place mais “le conjoint avait déjà quitté les lieux lors des signalements” faits dimanche à 17 heures.

Pas de dépôt de plainte

Réfutant donc les accusations de négligences, la préfecture assure que les forces de l’ordre sont déjà intervenues “plusieurs fois pour des conflits n’ayant donné lieu à aucun dépôt de plainte, comme ce fut le cas hier (dimanche)”.

Le procureur de Dijon, Eric Mathais, a confirmé à nos confrères du Parisien que la police avait bien localisé et identifié la jeune femme et son conjoint mais qu’elle avait nié toute agression et refusé de porter plainte. Or, sans plainte, “il est vrai que ça ne facilite pas les poursuites car la victime refuse généralement de faire une déposition. Il n’y a pas non plus d’examen médical pour constater d’éventuelles violences. On est alors confronté à un manque de preuve”, nous avait déjà expliqué Antoine Pesme, secrétaire général du parquet de Créteil, dans une affaire similaire.

C’était à Toulouse. De la même manière, une femme avait enregistré les cris de sa voisine du dessous et avait alerté police-secours. Des agents étaient intervenus pour des soupçons de violences conjugales, mais sans plainte, leur déplacement s’était résumé à un simple contrôle d’identité du suspect.

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