Val d’Oise : Le père jugé pour avoir secoué son bébé aurait été en manque de sommeil

Au deuxième jour de son procès, le geste du père de famille devient plus clair. Il est actuellement devant les assises pour avoir secoué et tué son bébé.

« J’étais à bout… J’étais dans un état particulier, dépressif, je fatiguais, je suis allé au bout de moi-même, j’ai porté, porté puis j’ai saturé ». Ce lundi, au deuxième jour de son procès devant la cour d’assises du Val-d’Oise, Norberto, 40 ans, a tenté d’expliquer le geste de secousse qui a provoqué la mort de son petit garçon de quatre mois, le 5 avril 2015.

D’ailleurs, un des experts ayant expertisé l’homme, il apparaîtrait au moment de l’acte d’un manque de discernement. Une circonstance de son acte pris très au sérieux par la cour et les jurés.

D’après une autre psychologue, Norberto était dans la « difficulté de repérer les besoins de l’enfant, lui-même étant submergé par ses propres émotions et ressentis ». L’accusé était en arrêt maladie longue durée pour dépression. Il s’apprêtait à reprendre son travail.

D’après son ex-femme avec qui il a eu cinq filles âgées de 14, 13, 8, 6 et 5 ans, Norberto était « un papa aimant » mais « il n’a pas toujours été très présent dans l’éducation ». L’autorité, c’était elle, le jeu, lui. « C’est moi qui leur ai appris la politesse, la propreté, », précise-t-elle à la barre. À tel point que lorsqu’elle décide de le quitter en 2013, elle choisit de partir à 400 km de la région parisienne pour rejoindre ses parents : « A l’époque, je ne savais pas s’il pouvait être capable de gérer cinq filles pour les devoirs, les bains, alors j’ai préféré compter sur mes parents », ajoute-t-elle.

Un traumatisme lors de la séparation

Cette séparation a eu un effet traumatique pour Norberto qui s’est retrouvé seul. Il se réinstalle chez sa mère à Montmagny. Mais très vite, il retrouve une nouvelle compagne, Julie, qui vit alors à Saint-Gratien où il part s’installer. Julie a très envie d’avoir un enfant. Lui n’est pas encore prêt. Mais ils auront quand même Michel. « C’était un enfant désiré, on l’a voulu tous les deux, c’est vrai que sur le coup, il n’a pas sauté de joie, raconte Julie à la barre en parlant de Norberto. C’était trop tôt pour lui, et ça je le comprends aujourd’hui », explique-t-elle.

Seulement deux mois après la naissance de Michel, Norberto demande la garde alternée à Julie, sans parler officiellement de séparation. Michel allait chez son père la semaine et le week-end chez sa mère. « Norberto s’en accaparait beaucoup, il me faisait comprendre que je ne savais pas m’en occuper », ajoute Julie. Mais de son côté, il ne parvenait pas à calmer les pleurs de son bébé. Pour le frère de Norberto, aucun des deux finalement n’étaient capables de s’en occuper. « Il n’y avait aucune communication entre les deux… la tâche était trop compliquée pour un père seul et une mère seule », témoigne Thomas. Le verdict est attendu ce mardi.

Avec le Parisien et la rédaction Radio capitole

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