Le mari jaloux clame son innocence malgré de troublants SMS post-mortem

Une affaire de jalousie ponctuée d’étranges SMS post-mortem. Au premier jour de son procès en appel, mardi devant la cour d’assises de la Savoie, le mari a clamé son amour pour sa femme et son innocence dans l’assassinat de l’amant.

« J’ai toujours été amoureux d’elle et je le suis toujours », a déclaré à l’ouverture de son procès, José Manuel Marta Evangelista, 51 ans, accusé de l’assassinat de l’amant de sa femme, Jean-Luc Thiebaut, un charpentier de 54 ans.

Tué le 27 mai 2014 par arme à feu, son corps avait été retrouvé dans un trou à Saint-Jean-de-Tholomé (Haute-Savoie) le 30 juin 2014.

L’enquête a révélé que le téléphone de la victime, après le 27 mai, avait continué à communiquer avec celui de Fabienne Evangelista. Elle reçoit alors plusieurs SMS, étranges, lui demandant parfois de choisir entre les deux hommes.

Autre élément troublant: les téléphones des deux rivaux se déplaçaient de manière identique, jusqu’à l’arrestation de José Evangelista, le 10 juin.

Celui-ci s’est présenté devant la cour comme innocent : « On m’accuse d’un meurtre que je n’ai pas commis ».

Ce père de famille, qui gagne correctement sa vie, « bon élément » en tant que conseiller municipal et investi dans le club de football local, est aussi méticuleux qu’inquiet. Il ferme sa maison à clé quand il s’y trouve et dépose des jouets d’enfants derrière la porte pour empêcher des éventuels voleurs d’entrer.

– ‘J’ai toujours été jaloux’ –

Avec sa femme, les disputes sont de plus en plus nombreuses. Elle s’agace qu’il ne donne pas un très bon exemple à leurs deux enfants quand il ajoute du sirop dans son eau.

« Comme dans tous les couples, il y a des hauts et des bas », relativise l’accusé. « Je n’ai jamais vu un couple qui ne s’engueule pas. Les disputes pouvaient aller d’une chaise mal placée à un steak trop cuit ».

Quatre mois avant les faits, il entame un traitement médical, avec anxiolytiques et somnifères. « J’avais du mal à dormir et j’avais peur de ne pas arriver à tout faire », explique l’accusé.

José Manuel Marta Evangelista a aussi des doutes : il voit sa femme aller déjeuner avec Jean-Luc Thiebaut, alors même qu’ils ont déjà eu une liaison auparavant. Fabienne Marta Evangelista le rassure mais un mois avant les faits, elle pense à quitter son époux, sans être sûre de vouloir aller vivre avec son amant.

« J’ai toujours été jaloux, je ne l’ai jamais contesté. J’avais confiance en elle, mais j’entendais certaines rumeurs et, comme on dit, la peur n’évite pas le danger », reconnaît l’accusé. Alors il passe beaucoup de temps à surveiller ses courriers et ses allées et venues.

Pour l’expert psychiatre Patrick Blachère, José Manuel Marta Evangelista fait preuve d’une « jalousie plutôt immature », avec des traits caractéristiques d’une « dépendance extrême à sa femme », une « peur de l’abandon » et un « manque d’empathie », rencontré notamment lorsqu’en 2010, il avait mis en scène sa tentative de suicide à son domicile avec une arme à feu factice.

Le quinquagénaire encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Verdict attendu vendredi.

Source AFP

 

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