États-Unis: une détenue dépose plainte après avoir accouché seule dans sa cellule

Devant la justice, la victime et son avocate espèrent que les autorités reconnaîtront leurs négligences de ce jour-là.

Plus d’un an après les faits, c’est un procès hors normes qui s’ouvre dans le Colorado, aux États-Unis. Le 31 juillet 2018, dans une cellule de la prison du comté de Denver, Diana Sanchez, une détenue enceinte, a accouché seule, et sans aide médicale, alors qu’elle avait prévenu l’équipe carcérale de ses premières contractions.

Comme l’explique le Washington Post, qui a pu obtenir l’intégralité de la plainte, cette dernière souligne qu’au lieu de “s’assurer que Mme Sanchez puisse accoucher dans un environnement médical sûr et hygiénique”, les infirmières et les gardiens “l’ont forcée à travailler seule pendant des heures”, la forçant à endurer une “expérience horrible”.

Quelques temps après l’accouchement, qui a été enregistré par les caméras de vidéo-surveillance de la prison, la principale intéressée avait d’ailleurs témoigné via le média KDVR, l’antenne locale de la chaîne Fox News, soulignant une “douleur indescriptible.”

“Ce qui m’a fait le plus mal, c’est que personne ne s’en souciait”, a-t-elle ajouté.

“C’est vraiment insondable”

Sur le banc des accusés, on retrouve la ville et le comté de Denver, le centre médical de la santé de la ville, ainsi que six personnes, dont l’identité n’a pas été divulguée.

“C’est juste emblématique de la façon dont le système est en panne. Ils prétendent avoir fait un examen, et pour eux tout allait bien, alors que cette femme n’a jamais été emmenée à l’hôpital et a fini par accoucher dans une cellule de prison sale, froide et dure. C’est vraiment insondable”, a expliqué l’avocate de Diana Sanchez, Mari Newman, au Washington Post.

Toutefois, selon une enquête qui avait été menée l’an passé par le département du Shérif, il avait été conclu que les gardiens présents ce jour-là avaient “pris les mesures appropriées dans les circonstances et respecté les politiques et procédures en vigueur”, assurant que la politique avait depuis été “clarifiée” et que désormais, une ambulance serait obligatoirement appelée en urgence.

Risque mortel 

Devant la justice, Mari Newman espère mettre en lumière les négligences de ce jour-là et “forcer les auteurs d’actes répréhensibles à changer de comportement.” Si la mère et son enfant se portent aujourd’hui bien, l’histoire aurait pu se terminer bien plus tragiquement.

“Quand je suis arrivée à l’hôpital, ils ont dit que j’aurais pu saigner à mort”, a expliqué Diana Sanchez.

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