Affaire Grégory : Quand le Corbeau refait surface dans la Vologne

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Marcel et Jacqueline Jacob, les grands oncle et tante du petit Grégory Villemin assassiné en 1984 ont reçu des appels anonymes chez eux. Un homme a été entendu.

Il y aurait-il un nouveau “corbeau” dans la Vologne? Un homme a été entendu ce vendredi après-midi pour “des appels téléphoniques malveillants” passés anonymement au domicile du grand-oncle et de la grand-tante de Grégory Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, à Granges-sur-Vologne (Vosges), a-t-on appris auprès du parquet. 

Les époux Jacob “ont reçu deux appels anonymes le 11 et le 15 août et des messages laissés anonymement sur leur répondeur”, a indiqué à l’Agence France Presse Nicolas Heitz, procureur de la République à Epinal, confirmant une information de l’Est républicain

Des coups de fil qui semblent émaner de la même personne. « Alors je suis bien chez le père de Jacky Villemin, Marcel Jacob, ou c’est ton père Léon Jacob qui était le père du bâtard ? », questionne l’inconnu lors du premier appel.

Puis le second : « Marcel Jacob, c’est toi qui renseignais le corbeau, ton frère René Jacob, avec tes jumelles, qui surveillait tout ce qui se passait chez ta sœur Monique Jacob et Albert Villemin. C’est toi qui renseignais le corbeau. On passera te voir. Salut ». Œuvre d’un énième illuminé ? Ultime perfidie d’un protagoniste de l’affaire ?

René Jacob a aussi eu des appels.

« Marcel Jacob, mon client, et son épouse, dont les intérêts sont défendus par Mes Berna et Bouthier, nous ont informés de ces appels particulièrement inquiétants qui font référence à des éléments de la procédure », explique Me Stéphane Giuranna.

« Des éléments certes connus mais, comme on ne peut rien exclure dans cette affaire, nous avons pris très au sérieux ces appels qui ne sont pas sans rappeler les appels du corbeau qui ont pourri la vie de la vallée de la Vologne entre 1981 et mai 1983. René, le frère de mon client, a également eu des appels anonymes. La voix ne semble pas masquée, est celle d’un individu d’un certain âge, donc contemporain de l’affaire, ce qui interroge quand même… ».

Ce mercredi, l’avocat a déposé plainte pour « appels téléphoniques malveillants » et « menaces de mort ». « L’enquête, confiée à la brigade de recherches de Saint-Dié, est en cours », explique Nicolas Heitz, procureur d’Epinal. « Nous tenons à ce que les investigations soient réalisées rapidement ». Nul doute qu’elles vont consister dans un premier temps à identifier le titulaire de la ligne qui a contacté les Jacob. Le domicile de ces derniers, comme demandé par l’avocat, devrait faire l’objet d’une discrète surveillance par les forces de l’ordre.

« Nous ne laisserons passer aucun dérapage »
« Quand on connaît le contexte de cette affaire déjà à l’origine de trois décès, on se doit de prendre au sérieux toute menace, reprend Me Giuranna.

« Soit ces appels émanent d’un acteur de la procédure et il faudra tirer au clair ses motivations, soit ils proviennent d’une personne étrangère et il conviendra de la sanctionner fermement. Ces appels ont engendré de la peur, du stress et un traumatisme important pour nos clients. J’appelle d’ailleurs à la plus grande retenue et au respect de la liberté et de la tranquillité. Nous ne laisserons passer aucun dérapage. Une plainte a été déposée et, dès que l’auteur de ces appels sera identifié, nous exigerons des poursuites ».

L’histoire en résumé :

régory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé noyé, pieds et poings liés, dans la Vologne le 16 octobre 1984. Marcel et Jacqueline Jacob avaient été mis en examen avec Murielle Bolle en juin 2017 pour “enlèvement et séquestration suivie de mort”. Leurs mises en examen avaient été annulées pour des questions de procédure en mai 2018. Après avoir accusé du meurtre de l’enfant son beau-frère, Bernard Laroche, tué par Jean-Marie Villemin en 1985, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, s’était rétractée. 

En février, la Cour de cassation a reconnu que la garde à vue de l’adolescente en 1984 avait été effectuée en application de dispositions “inconstitutionnelles”. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit désormais examiner la question de son annulation. 

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