Justice : Une mère accusée d’avoir tué son enfant jugée après 18 ans de bataille judiciaire

La cour d’assises de Paris jugera ce lundi en son absence une Canadienne accusée d’avoir tué son fils.

Une étape essentielle après 17 ans de combat. À partir de lundi, et pour cinq jours, la cour d’assises de Paris juge Marie-Christine Bujold, une Canadienne accusée du meurtre de son fils de 3 ans en novembre 2002 à Montréal. L’accusée ne devrait cependant pas, sauf coup de théâtre, assister au procès. « Mais c’est tout de même une victoire, souffle Julien Géraud, le père, français, du petit Jean-Patrick. J’attends un procès depuis des années. Entendre un juge dire que mon fils a été tué est important symboliquement. »

C’est une longue bataille menée par Julien Géraud et son avocate Me Florence Rault. Après la découverte du corps du petit Jean-Patrick, la justice canadienne avait conclu à « l’indétermination des causes de la mort ».

Les autorités canadiennes peu impliquées

Une voisine avait pourtant expliqué avoir été réveillée la nuit par « des hurlements » et des « bruits d’eau ». En 2012, après des années de lutte entre la justice française – compétente lorsqu’un Français est tué à l’étranger – et son homologue canadienne, des médecins français avaient pu pratiquer une nouvelle expertise et conclure à « une noyade en eau douce », probablement dans la baignoire.

Malgré un mandat d’arrêt délivré par la France, la mère de l’enfant n’a jamais été inquiétée par les autorités canadiennes qui n’ont également pas vraiment fait d’efforts pour faciliter la tenue du procès en France.

Alors qu’une douzaine de témoins devaient être entendus lors du procès, la justice canadienne refuse de mettre ses moyens de visioconférence à disposition de la cour d’assises. « Ça confirme le manque de volonté du Canada, souffle Julien Géraud. Mais les témoins ont déjà été entendus par la justice, leurs dépositions existent et permettront, je l’espère, d’établir une vérité judiciaire. »

Un combat de plus de 17 ans pourrait enfin aboutir. Cette lutte, c’est celle d’un père pour découvrir la vérité sur la mort de son fils de 3 ans. Le 9 novembre 2002 à Montréal (Canada), le petit Jean-Patrick est retrouvé dans son lit par sa mère, Marie-Christine Bujold. « Raide et froid », selon le rapport du coroner (le médecin légiste au Canada). Rapidement, les enquêteurs canadiens concluent à « l’indétermination des causes de la mort ».

Inconcevable pour son père, Julien Geraud, qui a « très vite la sensation que ce n’est pas un accident. Mon fils est mort alors que je devais le récupérer le lendemain, que la justice canadienne allait me donner raison pour la garde… » Dix-sept ans plus tard, la mère de l’enfant devrait est jugée pour meurtre devant la cour d’assises de Paris.

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