Pour punir sa femme de l’avoir quitté, il a tué sa fille

Jérôme Coppé a été condamné mercredi par la cour d’assises du Nord à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir assassiné sa fille de huit ans à coups de couteau, pour, a-t-il dit, « punir » son ex qui l’avait quitté.

La vengeance comme mobile

Cette peine a été assortie d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans avec injonction de soins.

« L’unique mobile du crime est la vengeance, c’était de punir » son ex-compagne, « de la priver de sa fille, de lui faire mal, parce qu’elle a eu l’audace de le quitter », avait tonné plus tôt Juliette Lebon, l’avocate générale. Elle avait requis trente ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de la moitié.

Durant le procès, dans le box, « j’ai vu quelqu’un convaincu d’avoir bien agi, incapable de se remettre en question », avait poursuivi la représentante de l’accusation, fixant l’accusé.

Trente coups de couteau

Puis Mme Lebon s’était tournée vers les jurés: « Qu’y a-t-il de plus grave qu’un père qui tue sa propre fille d’une trentaine de coups de couteau ? ».

Le 1er mars 2015 vers 23h30, dans un appartement de Landrecies, petite commune du Nord, Jérôme Coppé a frappé sa fille, alors endormie, de dizaines de coups de couteau puis tenté de se suicider.

Dans la soirée, il a envoyé un SMS à la mère de la fillette qui avait quitté leur domicile trois semaines plus tôt: « Laurelyne et partie (tu la verras plus, tu la toucheras plus, tu l’embrasseras plus, plus jamais) je pars avec elle, maintenant tu sais à quel point je t’aimais ».

« C’est de sa faute »

« C’est de sa faute ce qui est arrivé, ce n’est pas la mienne », a soutenu lundi l’accusé au premier jour de son procès.

« Ce que personne ne peut comprendre, c’est comment un père qui fait du vélo le matin avec sa fille peut lui donner des coups de couteau le soir. Il était dans le déraillement, c’est évident », avait plaidé Jean-Marie Faugeroux, avocat de l’accusé.

Coppé, qui encourait la réclusion criminelle à perpétuité, « souffre d’un état dépressif » qui a entraîné une « altération du discernement », selon un expert. D’autres ont conclu à « l’entière responsabilité de l’accusé au sens pénal ». La cour n’a quant à elle pas retenu d’altération du discernement.

« Je réalise l’atrocité »

« Avec le temps, je réalise l’atrocité de ce que j’ai fait à ma fille et ça me pourrit la vie. Ce n’est pas la peine qui compte pour moi, c’est quand est-ce que je vais réussir à mourir enfin », avait déclaré Jérôme Coppé, grand homme dégarni, avant que la cour ne se retire pour décider de son sort.

AVEC AFP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.