Société – Psycho : Elles regrettent leur divorce, découvrez pourquoi

Environ un mariage sur deux ou trois, en fonction des régions, se termine par un divorce. Les statistiques ne sont pas très romantiques, mais la vie est de plus en plus longue et il est parfois difficile de continuer à s’épanouir ensemble au fil des années. La décision de se séparer peut être prise rapidement ou s’avérer longue et douloureuse.

Heureusement, lorsqu’une nouvelle vie s’annonce, tout reprend rapidement des couleurs… sauf pour celles qui finissent par regretter leur choix !Il arrive que les maris veuillent partir, et la plupart du temps, ils ont rencontré une autre femme, sont amoureux, suffisamment en tous cas pour vouloir rompre avec la vie en cours et en démarrer une autre. Mais la plupart du temps, ce sont les femmes qui sont les initiatrices de la séparation. La loi de 2004 permet aujourd’hui aux épouses qui gagnent moins que leur mari de recevoir une indemnité compensatoire assez élevée, un élément qui a aussi son importance.

La prise de décision

Nous connaissons toutes les raisons qui sont à l’origine de cette volonté de séparation définitive :« Le mariage est la cause principale de divorce. »Oscar Wilde.

• En panne d’amour

L’amour s’en est allé, tout du moins la passion, et l’on a l’impression que la vie file entre les doigts sans que l’on n’en ait plus la maîtrise. La routine s’est installée, parfois après des années, parfois rapidement, car la décision de s’unir a pu être un peu trop rapide et inconsciente. Ce n’est pas un hasard si l’âge moyen du divorce en France se situe entre 42 et 45 ans.

Un moment de la vie où l’on a déjà une certaine expérience, une assurance mais où l’on a aussi conscience que le temps passe.Peu à peu, la femme souhaite retrouver une seconde jeunesse, et il est évidemment plus facile de rêver avec un homme tout neuf qu’avec celui que l’on a l’impression de connaître déjà par cœur. Si les sentiments prennent alors une dimension importante, la conscience de la finitude joue consciemment ou pas un rôle essentiel.Autre influence non pas déterminante, mais qui a cependant son importance : le nombre de divorces autour de soi, de nouveaux couples, voire de familles recomposées. Pour certaines, cela sera considéré comme un avertissement. Pour d’autres, comme une ouverture, une possibilité plus facile à envisager.

• Un nouvel amour

La femme a rencontré un autre homme. Le coup de foudre est là et la volonté de tout faire éclater est la plus grande des tentations. Dans ce cas, il y a celles qui n’attendent pas et vont à la rupture dès que possible. Incapables de tromper leur époux, elles ne veulent ou ne peuvent pas vivre dans le mensonge. Rapidement, la demande de divorce est déposée.Il y a aussi celles qui hésitent, notamment lorsqu’elles ont des enfants qui sont encore loin d’être élevés. Elles attendent… avant finalement de décider parfois des années plus tard de partir. Il est vrai qu’une majorité de femmes a plus tendance à vouloir la séparation lorsqu’elles rencontrent un autre homme que les hommes.Si les statistiques démontrent que les grands centres urbains semblent favoriser les ruptures, c’est parce que dans le cas de ces nouvelles amours, l’opportunité est un facteur non négligeable. Il est quand même plus difficile de rencontrer une nouvelle âme sœur dans une petite commune de 500 habitants qu’à Lyon ou Paris.De même, les rencontres se font souvent dans le cadre professionnel, un intérêt commun vient rassembler deux personnes et plus si affinités.

• Une femme trompée

Le nouvel amour peut aussi être du côté de l’homme. Certains maris n’hésitent pas à tromper leur femme. Exceptionnellement ou régulièrement. L’épouse peut alors décider de divorcer suite à la découverte de ces infidélités. L’argument mis en avant est que la confiance ne sera plus dorénavant possible, mais l’amour propre fait aussi partie du raisonnement.Il arrive aussi que les amies exercent une forte influence. En discutant, certaines prennent parfois des positions extrêmement rigides « Mais tu ne peux accepter cela ! » en oubliant que cela n’est pas leur vie et qu’ensuite, les conséquences ne seront assumées que par la femme concernée.« Les femmes se divisent en deux catégories : les célibataires qui ne rêvent que mariage ; les mariées qui ne rêvent que divorce. »Georges Elgozy.

• Un décalage

Au-delà de l’amour, le parcours des deux époux n’est pas toujours parallèle. Une femme peut avoir des opportunités de carrière qui créent un déséquilibre dans le couple allant jusqu’à l’impossibilité de continuer de vivre ensemble. Heureusement, cela n’est pas toujours le cas, mais la susceptibilité peut devenir un élément dévastateur.

Ce décalage peut aussi être dans l’autre sens ; le mari souhaitant avoir une épouse plus ambitieuse.Mais généralement, c’est l’écart entre les racines fondatrices du couple et ce qu’il en advient quelques années plus tard qui devient parfois insupportable pour l’un ou pour l’autre. Les ambitions communes ont disparu. Il est bien normal de changer, mais mieux vaut que le projet de vie reste similaire. Lorsque l’un ne rêve que de s’envoler tandis que l’autre souhaite rester là où il est sans bouger, la séparation s’avère presque inévitable.Certains couples arrivent très bien à fonctionner ainsi, chacun assumant son rôle. D’autres y parviennent superficiellement et il suffit que l’un ou l’autre rencontre quelqu’un de plus proche au niveau des aspirations, pour que le couple soit en péril.

Et après…

La vie après le divorce n’est pas toujours simple, même pour l’instigatrice de la séparation. Il y a bien entendu les conditions du départ, les soucis d’ordre financier, d’organisation, les enfants s’il y en a, la famille et les amis qui prennent souvent partie… en bref, mieux vaut être certaine de sa décision pour affronter le futur. Une nouvelle vie s’ouvre, un nouveau défi, et que cela se fasse seule ou accompagnée d’un nouveau partenaire, le risque est évidemment présent que tout ne se passe comme prévu et rêvé.Il est toujours difficile de dire à une épouse éprise d’une nouvelle liberté que la vie autrement et ailleurs n’est pas toujours meilleure.

Et il n’existe pas de statistiques sur les « après divorce » pour pouvoir conforter un raisonnement quelconque. Il est facile de constater cependant que la vie n’est pas toujours si  merveilleuse ensuite, à tel point que certaines ont la franchise d’avouer que si elles avaient su… Pour certaines, le plus difficile est d’assumer une vie plus solitaire que prévu. Les amies ont aussi leurs vies et sont finalement peu disponibles. Se faire de nouvelles connaissances peut s’avérer compliqué, les dimanches deviennent de plus en plus longs. En bref, repartir de zéro demande du courage et de la patience.Pour les autres qui se sont séparées pour s’installer avec leur nouvel amoureux, là encore, les premiers émois ne se finissent pas toujours en « happy end ». L’amour que l’on pensait si fort ne s’avère pour finir pas si satisfaisant, voire pas du tout et voici qu’une nouvelle séparation se profile, cette fois-ci encore plus difficile à supporter.

Il arrive aussi que l’ex-mari refasse sa vie lui aussi, voire devienne à nouveau père et si sa propre vie ne prend pas l’angle prévu, le choc est parfois rude : il n’est pas rare là non plus que les regrets fassent surface. Peut-être les femmes sont-elles trop réactives dans leur désir de séparation, et la réflexion quelque peu insuffisante. Mais le divorce est chose éminemment affective et sentimentale, il est donc difficile de gérer cela de façon totalement raisonnable. C’est le moment où l’on ne souhaite pas écouter les oiseaux de mauvais augure, ou les personnes de bon conseil parce que plus expérimentées. Une fois que l’on a décidé de se séparer, il est logique d’écouter en priorité les avis qui vont dans le même sens que son choix et rejeter les autres. Le fait est que même décidée, il est capital de ne pas confondre vitesse et précipitation dans une étape aussi importante que ce changement essentiel dans une vie : le divorce.

Comprendre ce retour en arrière

Pour mieux comprendre ce phénomène des femmes qui regrettent d’avoir divorcé, il suffit d’écouter celles qui l’ont vécu. A bon entendeur…

Gwenaëlle (31 ans, Marseille) — Je n’ai pas maîtrisé les conséquences« Je me suis mariée à 23 ans, avec Jean-Marc. Tout allait bien, nous nous connaissions depuis bien longtemps puisque nous étions des amis d’enfance. Mais en fait tout est devenu « plan-plan » très vite… et surtout j’ai rencontré Eric, j’en suis tombée éperdument amoureuse. Il était marié, mais rien à faire, j’en étais folle. J’ai donc décidé de divorcer illico presto. Le pauvre Jean-Marc a été malheureux comme les pierres mais je n’ai eu aucune pitié, ni patience avec lui : je ne pensais qu’à Eric. Sauf qu’ensuite je me suis retrouvée seule à l’attendre tout le temps. Et aujourd’hui, trois ans plus tard il est toujours marié et j’en ai plus qu’assez. J’ai revu Jean-Marc par hasard, il ne veut plus me parler et franchement je me demande à présent si j’ai fait le bon choix. J’ai l’impression de m’être totalement laissée aller à mes sentiments sans avoir rien maîtrisé des conséquences. Je ne sais pas quoi décider pour le futur… »

Véronique (46 ans, Paris) — Je me pose des questions« Je suis restée mariée neuf ans. Au début, tout allait bien et nous avons eu de belles années. Et surtout un enfant. En réalité tout s’est emballé lorsque j’ai eu l’opportunité de décrocher une vraie belle promotion. Un poste à Paris. Nous habitions près de Tours et j’ai franchi le pas. Peu à peu, je me suis aperçue que ce qui me manquait vraiment, c’était ma fille et pas vraiment mon mari. J’ai commencé par prendre un petit studio à Paris, j’ai continué ma progression dans la société, j’étais très heureuse professionnellement, et assez peu en termes privés. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il valait mieux trancher dans le vif et j’ai décidé de divorcer. Mon mari n’a pas vraiment résisté. Je me suis installée définitivement à Paris avec ma fille. Nous sommes séparés depuis près de neuf ans à présent et si je fais le bilan, je ne peux pas dire que je regrette, de toute façon cela ne servirait à rien, mon ex-mari a refait sa vie. Mais le fait est qu’aujourd’hui je suis à une étape de ma vie où je me pose des questions. Je pense avoir atteint un palier dans ma profession, ma fille sera bientôt une adulte et je suis quand même souvent seule. Parfois je me dis que je n’ai pas fait suffisamment d’efforts pour que ça marche. »

Audrey (25 ans, Toulouse) — A nouveau ensemble« Je me suis mariée très jeune : à 19 ans, puis j’ai divorcé trois ans plus tard. En réalité, nous nous sommes mariés beaucoup trop vite, même si nous étions follement amoureux. A 19 et 22 ans, nous étions trop inexpérimentés. Un jour, nous nous sommes disputés vraiment gravement, je l’ai menacé de divorcer, il est parti et en fait ni l’un ni l’autre n’avons voulu revenir sur nos positions. Ridicule je sais, mais le divorce s’est fait en deux temps, trois mouvements, par consentement mutuel. Il n’y avait pas de pension, pas d’enfant, tout a été très simple. Nous nous sommes revus il y a six mois et nous vivons à nouveau ensemble. Mais cette fois-ci pas question de mariage ! »

Jacqueline (61 ans, Boulogne) — De mauvaises raisons…« J’étais mariée depuis trente ans lorsque nous avons divorcé il y a à présent six ans. J’avais des raisons sérieuses à vrai dire, car mon mari me trompait. Ce n’était pas la première fois, même si je suppose que je n’étais pas au courant de tout. Mais bon, même si cela peut sembler difficile à comprendre, je m’étais faite à cette situation, qui n’était quand même pas permanente loin de là. Que je sache, il n’a jamais eu de liaison régulière, mais avait parfois du mal à résister à quelques opportunités. Je sais que cela peut choquer, mais il ne faut pas croire que cette situation soit exceptionnelle. Ma vie était malgré tout très agréable et Jacques était très attentionné avec moi. Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais à un moment donné je n’ai plus supporté et j’ai décidé de déposer une demande de divorce qui est allée à son terme, même si mon mari n’y tenait pas. Et aujourd’hui, je pense que je l’ai fait pour de mauvaises raisons, car en réalité je ne suis pas plus heureuse aujourd’hui bien au contraire. A l’époque j’étais mal dans ma peau, j’en avais assez, je me sentais vieillir, je me sentais diminuée, peu appréciée. Et lorsque je suis allée voir mon avocat, il m’a plutôt encouragée dans cette démarche. »

Anne-Marie (52 ans, Tours) — Un joli gâchis« Pour faire court, voici ce qui s’est passé : j’étais mariée depuis 22 ans, je suis tombée amoureuse d’un autre homme, j’ai divorcé pour lui, nous ne nous sommes pas entendus et pour finir, il est reparti de son côté. Et aujourd’hui, ma fille et mon ex-mari ne veulent plus me parler. Il n’y a que mon fils qui parvienne à faire le lien. Autant dire que j’ai l’impression d’avoir été à l’origine d’un joli gâchis et que je regrette amèrement ma vie d’avant. A croire que les années ne m’ont rien appris… ».

Quelques chiffres…126 522 divorces et 245 151 mariages(2009).• Durée moyenne du mariage au niveau national : 12 ans.• L’Ined a réalisé une étude sur la répartition géographique des divorces en France : Si Paris reste en tête, certaines régions n’ont rien à lui envier : PACA et Rhône-Alpes talonnent la capitale, avec un pourcentage plus important qu’ailleurs de procédures par consentement mutuel. Les départements où le mariage est le plus résistant sont la Bretagne, ainsi que la Manche, la Mayenne, la Vendée, les Deux-Sèvres, le Cantal, la Haute Loire, la Lozère et l’Aveyron.

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