Une date dans l’histoire : L’affaire Grégory Villemin

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Le petit Grégory Villemin, 4 ans à l’époque des faits, a été retrouvé mort noyé le 16 octobre 1984, dans la Vologne, à Lépanges-sur-Vologne (Vosges). Le point de départ d’une affaire qui a traumatisé la France.

L’affaire Grégory Villemin — ou affaire du petit Grégory — est une affaire criminelle française qui débute le 16 octobre 1984 en fin d’après-midi, lorsque Christine Villemin signale la disparition de Grégory, son fils de quatre ans, du domicile familial, situé à Lépanges-sur-Vologne. Le même jour, le corps sans vie de l’enfant est retrouvé vers 21 h 15 à près de sept kilomètres de là, dans la Vologne, une rivière des Vosges. La photographie du repêchage du corps de Grégory, les pieds, les mains et la tête liés par des cordelettes et un bonnet de laine rabattu sur le visage paraît dans la presse et marque d’emblée l’opinion publique. L’affaire attire rapidement de nombreux journalistes, français puis étrangers et, dès le surlendemain, fait la une de la presse nationale.

Ce cas est considéré comme exceptionnel dans l’histoire judiciaire française en raison de sa longévité, de son contexte, du profil de la victime et enfin du caractère énigmatique du mobile et des circonstances du crime. En plus de trente-cinq ans, l’affaire connaît divers rebondissements et donne lieu à de nombreuses erreurs de procédure, principalement de la part du premier juge d’instruction, au point qu’elle fait généralement figure d’exemple parmi les pires échecs de l’institution judiciaire, dont les manquements dès le début de l’enquête semblent avoir empêché toute identification du ou des coupables.

Par ailleurs l’affaire contribue à faire évoluer les procédures d’investigation, ainsi que les lois sur la présomption d’innocence et le secret de l’instruction. Lorsqu’elle revient au premier plan de l’actualité en juin 2017, le premier juge d’instruction, Jean-Michel Lambert, très critiqué pour sa gestion chaotique du dossier, se suicide le 11 juillet 2017.

En raison du rôle que les médias ont joué à cette occasion, une grande partie d’entre eux se verront reprocher tant leur traitement « feuilletonnesque » de l’affaire que leur manque d’objectivité et leur intrusion inadmissible à la fois dans la vie privée des intéressés et dans l’enquête judiciaire. Cet emballement médiatique a gravement nui à la sérénité et à l’objectivité des investigations. Certains des protagonistes ont reconnu plus tard les difficultés qu’ils avaient rencontrées à l’époque pour rester cantonnés dans leur rôle propre (selon le cas, enquêteur ou journaliste). L’affaire a pour conséquence l’évolution des techniques de la police scientifique française (celles qui ont été mises en œuvre à l’époque apparaissant rétrospectivement comme rudimentaires), et a donné lieu à une réflexion sur la relation aux médias des personnes engagées dans une enquête de police ou de gendarmerie, qu’il s’agisse des enquêteurs eux-mêmes, des magistrats ou encore des avocats.

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