Affaire Le Tan: Les preuves retrouvées chez Jean-Marc Reiser pourront être utilisées.

La demande d’annulation d’éléments de preuve, déposée par les avocats de Jean-Marc Reiser, a été rejetée par la cour d’appel ce jeudi. Ces preuves pourront donc être utilisées dans le futur procès du principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan.

La cour d’appel de Colmar a rejeté jeudi une demande d’annulation d’éléments de preuve présentée par les avocats de Jean-Marc Reiser, suspecté d’avoir assassiné l’étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, introuvable depuis septembre 2018. « Par arrêt en date de ce jour, la chambre de l’instruction a rejeté cette requête en nullité », a indiqué la cour dans un communiqué.

Début octobre, les avocats de Jean-Marc Reiser, 59 ans, avaient demandé, lors d’une audience à huis clos, que la saisie au domicile de leur client de plusieurs objets, notamment ceux couverts de traces de sang de la jeune femme de 20 ans, disparue en allant visiter un appartement, soit retirée du dossier d’instruction. Ils invoquaient des irrégularités procédurales, considérant que la saisie de ces objets s’apparentait à des « perquisitions déguisées ».

La famille satisfaite de cette décision
Ni la famille de la jeune femme disparue ni les avocats n’étaient présents jeudi à la cour d’appel pour le rendu à huis clos du délibéré, a constaté un correspondant de l’AFP.

« La famille de Sophie est satisfaite de cette décision, mais le seul soulagement qu’elle pourrait avoir serait de savoir où est Sophie et de pouvoir commencer le travail de deuil », a déclaré à l’AFP son avocat Me Gérard Welzer, après avoir consulté l’arrêt de la chambre de l’instruction. « Les mensonges et les diversions (de Jean-Marc Reiser, ndlr) constituent un nouveau supplice pour la famille », a-t-il souligné.

Sophie Le Tan n’a plus donné signe de vie le 7 septembre 2018, le jour même de son 20e anniversaire, alors qu’elle allait visiter seule un appartement à Schiltigheim, commune limitrophe de Strasbourg. Jean-Marc Reiser qui avait posté l’annonce a été arrêté quelques jours plus tard. Déjà condamné pour viols et acquitté au bénéfice du doute pour la disparition d’une jeune femme dans les années 1980, il a été mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration.


En dépit de traces du sang de Sophie Le Tan retrouvées chez lui, celles volontairement effacées retrouvées dans son appartement et celles sur les objets dont la saisie était contestée, le suspect a réaffirmé, lors d’une audition devant la juge d’instruction le 5 octobre, être innocent. Il affirme qu’il aurait soigné la jeune femme blessée à la main, avant qu’elle ne quitte son domicile.

Jean-Marc Reiser devrait être réinterrogé dans les semaines qui viennent par la juge d’instruction chargée du dossier sur les différentes preuves pour lesquelles la requête en nullité a été rejetée.

Laisser un commentaire