Montpellier : des parents jugés pour des viols répétés sur leur petite fille

Au cœur de ce procès qui se tient à huis clos depuis vendredi 18 octobre à Montpellier, les dérives sur fond de libertinage d’un couple d’apparence très ordinaire.

La présidente insiste pour qu’un policier s’assoie entre eux, dans le box de la cour d’assises de l’Hérault, à Montpellier. La précaution semble inutile : David et Géraldine ne s’adressent pas un regard, pour ces retrouvailles judiciaires très particulières. Il est grand, le crâne chauve, le front bas. Elle est un peu rondelette, cheveux courts, grosses lunettes. Il était technicien, elle mère au foyer, dans un petit village de l’Hérault.

Un couple très ordinaire en apparence

Un couple très ordinaire en apparence, qui est pourtant incarcéré depuis le printemps 2016, et qui encourt une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Le père comme la mère sont accusés d’avoir violé, ensemble, l’aînée de leurs deux filles, de manière répétée et régulière, et d’avoir fait subir des agressions sexuelles aggravées à sa sœur cadette.

Une situation qui a été découverte en 2016 lorsque la fillette en a parlé à des copines, au collège, alors qu’elle était âgée de 12 ans. Ses amies ont prévenu le professeur principal, et l’enfant a tout raconté à l’infirmière.

Un climat familial de dépravation

Les enquêteurs vont découvrir au cours de l’enquête un climat familial de dépravation : le père aurait commencé à abuser de sa fille aînée alors qu’elle n’avait que 7 ans, l’aurait contrainte à des actes sexuels avec sa petite sœur, puis l’aurait obligé à rejoindre le lit conjugal, ou le spa installé dans le pavillon.

La mère, qui, de son côté, fréquentait les clubs échangistes en l’absence de son mari, a assisté aux premiers viols sur sa fille, puis y a participé activement.

Initier leur fille au libertinage

“C’est pour leur éducation, ça leur servira plus tard”, aurait tout d’abord indiqué le père de famille. La mère, elle, expliquait à ses enfants qu’il s’agissait là de “biologie naturelle” tout en expliquant aux enquêteurs que “l’objectif de son mari était d’initier leur fille au libertinage pour qu’elle puisse ensuite participer lorsqu’ils invitaient d’autres hommes”.

Elle était totalement sous son emprise

Pour son avocat, Me Victor Font, du barreau de Carcassonne, “la probabilité qu’on ait deux pédophiles dans la même famille est nulle. Elle était totalement sous son emprise, et la faire participer était pour lui un moyen de l’enfermer dans le secret qu’il entretenait.” Ni l’un ni l’autre ne semblent avoir manifesté de véritables regrets pendant l’enquête, même si l’avocat de la mère assure qu’elle a eu une prise de conscience depuis son incarcération. Elle a obtenu le divorce en détention.

Le troisième enfant, un petit garçon, subissait lui des violences paternelles quasi quotidiennes. Les trois enfants sont aujourd’hui placés dans la famille maternelle. Verdict mardi.

Viol : les femmes représentent 1 % des verdicts

Selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), parue en septembre 2019, les femmes représentent moins de 1 % des condamnations pour viol prononcées en France.

Pour autant, la criminalité sexuelle féminine existe : en trente ans, près de 700 femmes ont été ainsi condamnées, tandis que les cours d’assises sanctionnaient 40 000 accusés masculins.

Globalement, les femmes qui violent sont plutôt des adultes (70 % entre 18 et 40 ans), là où une proportion importante des hommes violeurs concerne des mineurs. Et les actes de viols commis par les femmes sont dans 9 cas sur 10 commis avec des circonstances aggravantes : en réunion, sur mineurs, avec acte de torture. Seuls 9 % des faits sont commis par des mères sur leurs enfants.

Laisser un commentaire