Mort de Tony à Reims : un voisin jugé ce mardi pour “non dénonciation de mauvais traitements”

Trois ans après la mort du petit Tony, 3 ans, dans un immeuble du quartier des Châtillons à Reims, un voisin doit être jugé ce mardi 22 octobre pour non dénonciation de mauvais traitements. Un procès qui ne satisfait pas certaines associations de protection de l’enfance et l’avocat du père de Tony.

C’est le premier volet de l’affaire du petit Tony, battu à mort à Reims il y a bientôt trois ans. Le calvaire de ce garçon de 3 ans, avait ému le quartier Châtillons et bien au-delà : l’enfant avait succombé à des coups de poing portés à l’abdomen le 26 novembre 2016, après des violences répétées. Le beau père de l’enfant qui est soupçonné d’avoir porté les coups mortels, sera jugé devant une Cour d’assises, tandis que la mère est accusée de n’avoir jamais rien dit. Plus inédit dans ce type d’affaire : un voisin du couple est poursuivi pour “non dénonciation de mauvais traitements” et sera jugé ce mardi 22 octobre devant le Tribunal correctionnel de Reims.

Un voisin poursuivi pour l’exemple ? 

Ce procès met mal à l’aise Maître Olivier Chalot, l’avocat du père et de la grand-mère de Tony : “au début, on partait sur tout un immeuble qui s’est tu… il nous reste effectivement qu’une seule personne, on a l’impression qu’en cours de route il y a eu beaucoup d’oubliés…”. Maître Chalot estime qu’il y a bien eu des défaillances dans cette affaire, car certains voisins ont parlé à des autorités : “moi j’ai l’impression qu’il y en plein qui devraient être dans le dossier : d’autres voisins, l’organisme de logement… je pense qu’ils devraient être là aussi pour s’expliquer”.

En novembre 2016, le procureur de la République de Reims avait lancé un appel à la population, dénonçant le silence “coupable” des voisins. Pour Maître Chalot, il faut aussi prendre en compte le climat qui régnait dans l’immeuble à l’époque et la peur qu’inspirait le beau père de Tony -connu des services de police pour des faits de violences- : “qu’il inspirait la crainte pour parler, par peur des représailles, très certainement ! et ça a du certainement jouer dans cet immeuble sur le fait que les gens ne sont pas allés jusqu’au bout de leurs démarches”. 

Un procès contre productif selon certaines associations 

Ce procès ne plaît pas non plus à certaines associations de protection de l’enfance, car il pourrait bien dissuader certains de parler. Le voisin en question, qui habitait en dessous du couple, a bien essayé d’alerter. “Au regard de l’ensemble des personnes très proches de cet enfant, la tante, une amie, les voisins qui disent avoir entendu les cris de l’enfant, eux et elles n’ont pas bougé ! Lui au moins a mis une affiche dans l’ascenseur, il en parlé autour de lui, il a essayé de faire quelque chose, donc pour nous il y a une incompréhension sur cette mise en examen”, explique Martine Brousse, co fondatrice de l’association la Voix de l’enfant

Le deuxième volet de l’affaire devrait être jugé au début de l’année prochaine -la date précise n’a pas encore été fixée- devant la Cour d’assises de la Marne : le beau père de l’enfant sera jugé pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. La mère du petit garçon de 3 ans sera elle jugée pour “non dénonciation de mauvais traitements” et “non assistance à personne en péril”. 

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