Scandinaves décapitées au Maroc : le parquet demande l’exécution des trois meurtriers condamnés à mort

La Justice marocaine semble vraiment vouloir faire un exemple dans cette affaire qui défrayé la chronique mondialement. La peine de mort « avec exécution » effective a donc été à nouveau requise mercredi contre les trois Marocains radicalisés qui ont avoué avoir décapité deux touristes scandinaves en décembre 2018 au nom du groupe Etat islamique (EI).

Les trois hommes avaient été condamnés en première instance, le 18 juillet à la peine capitale qui reste théorique au Maroc du fait d’un moratoire en vigueur depuis 1993. Il existe de plus depuis 2011, un nouvel article dans la constitution marocaine qui précise que « le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit. » Un article qui pourrait ainsi venir en contradiction avec la peine de mort.

« Sauvagement tuées alors qu’elles campaient »

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été sauvagement tuées alors qu’elles campaient sur un site isolé dans des montagnes du Haut Atlas.

Un total de 24 prévenus sont jugés depuis fin août par la cour d’appel de Salé, près de Rabat, pour leur implication directe ou indirecte dans cet acte que l’EI n’a jamais revendiqué. Mercredi, le procureur a requis la peine de mort pour un quatrième homme qui avait pris part à l’équipée dans le Haut-Atlas mais avait quitté le trio avant la tuerie. Il a pourtant plusieurs fois démenti toute responsabilité dans les décapitations commises après son départ.

Le procureur a par ailleurs demandé la confirmation des peines pour les 20 autres prévenus, condamnés de cinq à vingt ans de prison en juillet dernier pour « constitution de bande en vue de commettre des actes terroristes ». Il a notamment souligné le rôle actif du seul étranger du groupe, Kevin Zoller Guervos, un Hispano-Suisse de 25 ans converti à l’islam et installé au Maroc, qui avait pris 20 ans de prison en juillet dernier.

Les familles de victimes réclament des indemnités records

Ce converti dément toute implication directe dans le double-meurtre, comme tous ceux qui n’ont pas participé à la décapitation, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux en même temps qu’un serment d’allégeance à l’EI. L’audience se poursuit avec les plaidoiries de la défense, sans que l’on sache si le verdit sera prononcé ou non dans la foulée.

La famille de Maren Ueland qui s’est constituée partie civile demande de relever l’indemnisation de 2 à 5 millions de dirhams (200.000 à 500.000 euros) en précisant que cette somme sera investie dans une « fondation de lutte contre les idées extrémistes ».

L’avocat des parents de Louisa Vesterager a pour sa part réitéré leur demande d’indemnité de 10 millions de dirhams (1 million d’euros) qui avait été rejetée en première instance, en appelant l’Etat marocain « d’engager sa responsabilité au nom de la solidarité sociale car aucun des accusés n’a les moyens de payer ».

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