La famille de Sophie Le Tan veut que “justice soit faite”

Le corps de cette étudiante de 20 ans a été retrouvé dans une forêt alsacienne plus d’un an après sa disparition. Sa famille réclame que “le coupable paie pour son crime”.

Dix jours après la découverte dans une forêt alsacienne du corps démembré de Sophie Le Tan, sa famille a formulé son souhait que “justice soit faite” et que “le coupable paie pour son crime”.

“Nous avons besoin de connaître toute la vérité sur la mort de Sophie et de retrouver le reste des ossements afin de pouvoir faire notre deuil”, a demandé Laura, une cousine, en lisant devant la presse un texte “au nom de la famille”. 

Le corps démembré de Sophie Le Tan, une jeune femme brune de 1,55 m aux yeux foncés, a été découvert par des promeneurs le 23 octobre dans la forêt de Rosheim (Bars-Rhin), à une trentaine de kilomètres de Strasbourg. Etudiante sans histoire, elle avait disparu le 7 septembre 2018, le jour de ses 20 ans, alors qu’elle allait visiter seule un appartement à Schiltigheim, en périphérie de Strasbourg.

“Payer pour son crime”

L’unique suspect, Jean-Marc Reiser, aujourd’hui âgé de 59 ans, qui avait posté l’annonce immobilière, avait été arrêté quelques jours plus tard. Il a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat. Il avait déjà été condamné pour viols et acquitté au bénéfice du doute pour la disparition à Strasbourg dans les années 1980 d’une jeune femme, dont le corps n’a jamais été retrouvé.

“Nous voudrions que le coupable assume ses actes et paie pour son crime. Qu’il arrête de nier les faits malgré toutes les preuves accablantes”, a ajouté Laura lors d’une conférence de presse en présence de membres de la famille et de bénévoles de l’association Icared, qui a multiplié les battues citoyennes depuis la disparition de l’étudiante. 

La famille souhaite “que justice soit faite”, a dit Laurent Tran Van Mang, cousin de la victime. “Avec tous les éléments qu’on a découverts… Que M. Reiser, s’il n’avoue pas, soit condamné, s’il est coupable, comme il faut”, a-t-il expliqué.

Selon les premières constatations réalisées sur le squelette incomplet de Sophie Le Tan, un fémur présente une “section instrumentale”, avait révélé lundi le procureur de la République à Strasbourg, Yolande Renzi. Des analyses sont en cours pour déterminer la date et les circonstances de la mort de Sophie Le Tan. 

Des preuves “accablantes, nombreuses”

En dépit de traces de sang appartenant à l’étudiante retrouvée à son domicile, notamment sur des vêtements et le manche d’une scie, Jean-Marc Reiser continue à clamer son innocence. “Nous gardons espoir de connaître la vérité”, a confié Laurent Tran Van Mang, reconnaissant néanmoins douter “que M. Reiser puisse avouer”.

“M. Reiser sait très bien ce qu’il a fait. Les preuves sont là, accablantes, nombreuses, multiples”, a affirmé Gérard Welzer, avocat de la famille. Selon lui, un procès pourrait se tenir au début de l’année 2021. 

“Les circonstances nous bouleversent profondément et aucun mot ne peut décrire la souffrance que ressent notre famille”, a dit Laura, d’une voix émue. “Penser à ce qu’elle a vécu nous déchire le coeur. Ces actes abominables sont inacceptables et continueront à nous torturer toute notre vie”, a-t-elle ajouté.

Dimanche matin, une cérémonie bouddhiste sera organisée à la pagode vietnamienne Phô Hiên, à Strasbourg, avec la famille de la victime. Quelque 400 personnes, proches ou anonymes, sont attendues ensuite pour rendre hommage à Sophie Le Tan. 

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