Âgé de 4 ans, il est lâché loin de son arrêt de bus scolaire

Les parents d’Adrien sont furieux: le bus de leur enfant a sauté une halte pourtant prévue dans son planning. Descendu au mauvais endroit, le petit écolier s’est débrouillé seul pour rentrer chez lui.

Grosse frayeur pour les parents d’Adrien. Mardi dernier, l’enfant de 4 ans, scolarisé à Ropraz (VD), a disparu des écrans radar une partie de l’après-midi. «Après les cours, sa maîtresse l’a mis dans le bus scolaire direction Montpreveyres, où il descend tous les jours pour aller chez sa nounou, explique Rui, son papa. Mais les mardis, nous le récupérons nous-mêmes.» Sauf que cette fois, le bus n’est jamais arrivé. Après un instant d’inquiétude, les parents ont appelé l’école, qui a elle-même contacté la société de transport. L’inquiétude s’est alors transformée en panique: «Le chauffeur a expliqué que son véhicule était vide, reprend le père. Et que donc, mon fils était descendu quelque part!»

Responsabilité aussi des parents
«On ne peut pas demander à un chauffeur de contrôler qui monte et qui descend à chaque arrêt, déclare Nicolas Deprez. Cela rallongerait énormément les tournées. C’est aux parents d’expliquer à quel endroit les enfants doivent sortir. Et s’ils ne sont pas sûrs, ils ont une carte qu’ils peuvent montrer au chauffeur, qui se fera un plaisir de les renseigner.» Selon lui, les gardes-fou existent, et les responsabilités sont partagées dans un tel cas, qui reste, jure-t-il, «très rare».

Route principale à traverser

Branle-bas de combat pour Rui et son épouse. Après une tournée des arrêts infructueuse le long de la ligne scolaire en question, le couple va jeter un œil chez lui, à Carrouge. Soulagement: Adrien était là, devant la porte. «Comme il n’a pas vu l’arrêt Montpreveyres, il est descendu là où il monte le matin, à Carrouge, reprend le père scandalisé. Mais la maison est à 20 minutes de marche pour un enfant si petit. Et il y a la route principale à traverser. Je ne sais pas comment il a fait.» Passée l’angoisse, arrive la colère: «Il est inadmissible de laisser descendre un enfant de 4 ans, seul, à un arrêt de bus sans la présence de ses parents, reprend-il. Nous sommes scandalisés. La sécurité de notre enfant a sérieusement été mise à mal d’une façon inacceptable.»

Aujourd’hui, Adrien pleure la nuit et il appréhende de reprendre le bus. Le couple exige que des mesures soient prises pour qu’une telle situation ne se reproduise plus. Contactée, la société qui exploite la ligne scolaire n’a pas répondu à nos appels. Le responsable administratif de l’association scolaire intercommunale du Jorat explique sa vision du couac: «Durant les vacances d’octobre, il y a eu une refonte des horaires et des parcours en raison de l’introduction d’une ligne supplémentaire, selon Nicolas Deprez. Nous vivons une phase de nouveautés et de nouvelles habitudes sont à prendre.» Mardi dernier, le chauffeur de cette nouvelle ligne aurait demandé aux enfants où ils devaient descendre. Selon la compagnie, personne ne se serait manifesté pour Montpreveyres.

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