“Avec le recul, je pense qu’il était en mode prédateur” quand une maman parle de Lelandais

Quelques heures avant de s’en prendre à Maëlys, Nordahl Lelandais était passé à une fête où son comportement avait inquiété la maman d’une fillette. Elle raconte une soirée qu’elle n’a jamais oubliée.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Maëlys. Les parents d’une fillette, qui habitent Pont-de-Beauvoisin, affirment que le soir de l’enlèvement et du meurtre de Maëlys, Nordahl Lelandais avait un “comportement de prédateur”. Ils témoignent pour la première fois dans Aujourd’hui En France.

Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, la petite Maëlys, neuf ans, a disparu. Enlevée puis tuée par Nordahl Lelandais, aujourd’hui en prison. Cette nuit-là, l’ancien maître-chien était d’abord allé à une autre fête, où son comportement avait “créé un malaise”, selon des témoins.

Le 26 août 2017, l’ancien militaire était passé à une fête où son comportement avait inquiété la maman de la fillette qui ne lâche plus son enfant des yeux. “Il était très froid. Il fumait cigarette sur cigarette, la mâchoire serrée, le regard fixe. Avec le recul, je pense qu’il était en mode prédateur. Il recherchait une proie. Et sa proie, cela aurait pu être notre fille.”

Quelques heures plus tard Maëlys disparaissait. Des déclarations qui vont dans le sens des parents de la fillette qui demandent à la justice de requalifier les faits. Ils souhaitent que Nordahl Lelandais soit poursuivi non pas pour “meurtre” comme c’est le cas mais pour “assassinat”.  Les parents de Maëlys sont également persuadés que l’ancien militaire a enlevé leur fille dans le but de l’agresser sexuellement.

« Votre fille est très jolie, gentille et polie »

Vers 17 heures, Eric décide d’aller racheter des bouteilles d’alcool avec son beau-frère. « Sur le parking qui est juste à côté de la maison, on est tombé sur Nordahl Lelandais qui était dans son Audi A3. Il attendait, téléphonait avec son portable. Je ne l’avais jamais vu. Mais le frère d’Élodie, lui, le connaissait un peu. Il l’a salué. Je lui ai alors proposé de venir boire un coup chez nous. Mais il a décliné l’invitation » se souvient Eric. Lelandais reste cependant à proximité.

En début de soirée, l’ancien militaire arrive à la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin où l’on fête un mariage. Il a été invité par le marié. Mais bizarrement, vers 22 heures, voilà que Nordahl Lelandais revient à l’anniversaire d’Élodie. Et son attitude intrigue. « Il était très froid. Il fumait cigarette sur cigarette, la mâchoire serrée, le regard fixe. Sans un sourire, alors qu’il était pourtant dans une fête. Il était bizarre. Il a créé un malaise » explique Eric. Mais il y a encore plus inquiétant.

L’avocat de Lelandais parle d’un homme « paumé »

Dans son prochain livre, « Soit je gagne, soit j’apprends » aux éditions Plon qui sortira jeudi, maître Alain Jakubowicz, avocat de Nordahl Lelandais, parle de son client. « Nordahl Lelandais m’est apparu comme une sorte de paumé, fruit de notre époque et de notre société. En dehors de sa passion pour les chiens et les motos, rien ne semblait l’intéresser. À 34 ans, il avait à peu près tout échoué ».

L’avocat évoque la sexualité de Lelandais avec des adultes : « J’ai parlé avec lui de cet appétit sexuel qui semblait insatiable. À l’en croire, c’était une occupation comme une autre. Il allait à ces rendez-vous comme d’aucuns vont à la pêche ou au football ». Concernant la reconstitution du meurtre de Maëlys, maître Jakubowicz écrit : « La petite fille était remplacée par une grande poupée en chiffon. J’observais Nordahl Lelandais. Il devait reproduire le plus fidèlement possible les gestes qui avaient été les siens dans ce véhicule. Ce à quoi nous assistâmes interloqua tous ceux qui étaient présents. Pour ma part, je n’imaginais pas qu’il fût possible de porter des coups d’une telle violence dans la position dans laquelle il se trouvait. J’étais tétanisé. Je ne pouvais m’empêcher de penser aux parents de la fillette qui était à quelques mètres de moi ».

L’avocat évoque également le procès à venir : « Il n’a aucunement l’intention de se faire passer pour « fou ». Il n’en demeure pas moins, que compte tenu de la nature des faits qui lui sont reprochés, la dimension psychologique et psychiatrique sera extrêmement importante au cours des débats de la cour d’assises. »

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