Ils laissent leur fils de 22 mois mourir de faim: “Chacun pensait lui avoir donné à manger”

Gabin, petit garçon de 22 mois, est mort le 7 juin 2013. Il pesait 5,8 kilos lors de son décès, soit le poids d’un enfant de 3 mois. Ses parents, Céline, 34 ans, et Edouard, 40 ans, sont jugés depuis mardi devant la cour d’assises de la Creuse pour avoir privé leur enfant des soins les plus élémentaires et de l’avoir affamé.

Le Parisien et France Bleu relatent les faits dramatiques. Le jour de sa mort, le petit Gabin était seul à la maison avec son père. L’accusé raconte que le bébé avait “les yeux dans le vague” et raconte “son absence de réaction”. “J’ai pris panique.” Il a appelé Céline et ils ont emmené Gabin aux urgences. Il était mort à son arrivée à l’hôpital.

Le médecin urgentiste qui a pris Gabin en charge se rappelle encore de “l’état de maigreur” du bébé (“on pouvait compter ses côtes”), de son état de “déshydratation extrême” et de “l’indifférence des parents”. Le médecin légiste a, lui, expliqué que l’enfant était “dans un état de saleté extrême” aux mains et au pubis notamment.

Gabin n’a pas reçu à manger au cours des trois jours qui ont précédé sa mort. Les parents étaient en froid, la mère avait un amant, le père buvait. Ils n’ont pas demandé d’aide, même si rien n’allait parce qu’ils avaient “peur du jugement”. Au sujet de Gabin, la mère explique: “Peut-être que chacun pensait lui avoir donné à manger. Mais comme on ne communiquait plus…”

Les proches des parents disent n’avoir “rien vu”. Le médecin légiste estime que c’est impossible. Gabin était bien trop maigre pour son âge. “Ça ne pouvait échapper à personne.” Gabin est mort de faim sous les yeux de ses parents, dans la plus totale indifférence. “À vivre avec lui constamment, on n’a pas fait attention”, dit la mère.

Le grand frère de Gabin, Melvin, 13 ans, a été placé en famille d’accueil. Le médecin de famille, qui a reçu Gabin en consultation sept fois entre janvier 2012 et avril 2013, n’a rien fait. Il est convoqué à la barre comme témoin cette semaine et sera jugé à son tour en 2020 pour “non-assistance à personne en danger”.

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