Affaire Grégory: La validité de la garde à vue de Murielle Bolle examinée le 18 décembre

La cour d’appel de Paris examinera le 18 décembre la validité de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 dans l’affaire Grégory, susceptible d’être annulée, avec des conséquences importantes sur l’ensemble de l’enquête.

Placée en garde à vue début novembre 1984, Murielle Bolle, âgée alors de quinze ans, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir kidnappé en sa présence Grégory Villemin, quatre ans, retrouvé mort quinze jours plus tôt dans les eaux de la Vologne, pieds et mains attachés.

Sous la contrainte des gendarmes

L’adolescente s’était ensuite rétractée en assurant avoir tenu ces propos sous la contrainte des gendarmes. Elle n’a depuis cessé de clamer l’innocence de Bernard Laroche, abattu par le père du « petit Grégory », Jean-Marie Villemin, en 1985.

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation a reconnu le 19 février que la garde à vue de l’adolescente avait été effectuée en application de dispositions « inconstitutionnelles », la loi ne prévoyant alors ni présence d’un avocat, ni notification du droit de se taire.

Cet arrêt, venu entériner une décision du Conseil constitutionnel ayant censuré plusieurs dispositions de l’ordonnance de 1945 sur « l’enfance délinquante », a entraîné le renvoi de cette partie du dossier devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.

« Nuisible à la recherche de la vérité »

Si cette dernière décidait d’annuler la garde à vue de Murielle Bolle, c’est l’ensemble de l’enquête sur l’affaire Gregory qui pourrait être fragilisée, plusieurs actes de procédures basés sur ses déclarations étant susceptibles d’être également invalidés.

« J’espère naturellement que la cour de Paris ne prononcera pas l’annulation des déclarations en garde à vue de Murielle Bolle », a souligné dans une déclaration transmise à l’AFP Me Thierry Moser, avocat des parents Villemin.« Cette mesure serait juridiquement discutable » mais « également nuisible à la recherche de la vérité à laquelle les époux Villemin sont très fortement attachés », a-t-il ajouté.

L’affaire Grégory, considérée comme l’un des dossiers les plus énigmatiques de l’histoire criminelle en France, a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grande-tante de l’enfant – les époux Jacob qui n’avaient jamais été inquiétés auparavant – et Murielle Bolle ont été mis en examen.

Ces mises en examen ont depuis été annulées pour des raisons de procédure.

Avec AFP

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