Rouen : pendant 7 ans, le papi viole une enfant

À Rouen, la justice enquête sur un vieil homme soupçonné d’avoir agressé et violé la petite-fille de sa compagne à de multiples reprises. Le calvaire de l’enfant, âgé aujourd’hui de 15 ans, a duré sept années.

Le supplice de Manon (*) s’est arrêté au début de l’année, lorsque sa grand-mère s’est séparée de son compagnon, avec qui elle entretenait une relation depuis sept ans. Sept années durant lesquelles l’enfant de 8 ans, devenue une adolescente de 15 ans, a été la proie du retraité de 77 ans. Au printemps, le papi pervers a été incarcéré et mis en examen par une juge d’instruction pour « viol incestueux commis sur un mineur de 15 ans », « agression incestueuse sur un mineur de 15 ans » et « corruption de mineur de 15 ans ». Depuis, dans le cadre d’une information judiciaire, la justice mène des investigations sur les agissements qu’il aurait fait subir à la petite Rouennaise.

L’enfant se confie à l’infirmière

C’est grâce aux confidences de l’enfant faites à l’infirmière de son collège, après un malaise et une crise de tétanie, que l’affaire a éclaté après ces années de souffrance. Parce que sa mamie s’est séparée de son compagnon, l’adolescente a libéré sa parole. À chaque fois qu’elle se rendait chez elle, en fin de semaine ou pendant les vacances, elle subissait les assauts du retraité. Le plus souvent, il profitait de l’absence de la grand-mère pour lui imposer des attouchements, des visionnages de films pornographiques, des séances photos de son sexe… À partir du dixième anniversaire de la fillette, il l’a contrainte à des fellations et des pénétrations vaginales. Parfois, il l’insultait, l’humiliait. Parfois, sans doute pour acheter le silence de la petite victime et mieux la manipuler, il lui offrait des cadeaux : téléphone portable, ordinateur…

L’examen gynécologique est compatible avec les déclarations de l’adolescente. Durant sa garde à vue et lors de son interrogatoire de première comparution devant le magistrat-instructeur, le suspect aurait reconnu «avoir couché» avec Manon à partir de ses 10 ans. Il aurait admis également avoir visionné des films X avec elle. Selon lui, l’enfant était demandeuse…

La semaine dernière, le septuagénaire, après six mois de détention provisoire, a demandé à sortir de prison. «Oui, les faits reprochés à mon client sont gravissimes, oui, le préjudice est important, mais on est là pour faire du droit, pas autre chose», a plaidé Me Emmanuel Docteur devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rouen, invoquant notamment la petite santé de son client et l’impossible réitération des faits. Des arguments qui ont été balayés par l’avocat général Patrice Lemonnier : «Le remettre en liberté serait d’une violence inouïe pour la victime». Le ministère public a été entendu par les juges : le grand-père pervers, inconnu de la justice jusqu’à présent, reste derrière les barreaux.

(*) Les identités ont été modifiées afin de préserver l’anonymat de la victime

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