Les parents de Gabin, mort de faim à 22 mois, condamnés à 17 ans de prison ferme

Céline V., 34 ans, et Edouard R., 40 ans, étaient jugés devant la cour d’assises de la Creuse après la mort de leur bébé de 22 mois.

La cour d’Assises de la Creuse a rendu son verdict. La mère et le père du petit Gabin, le bébé mort à 22 mois à la suite d’une dénutrition extrême, ont été condamnés à 17 ans de réclusion criminelle.

C’est la peine qui avait été requise un peu plus tôt par l’accusation, qui avait résumé le dossier en trois mots : « oubli, calvaire, souffrance ». « Quand on a montré [les images de Gabin] pendant le procès, certains membres de la famille ont détourné le regard. Les parents l’ont vu en vrai, ils ont vu le corps de Gabin se décomposer », avait rappelé l’avocat général Bruno Sauvage au début de ses réquisitions, au quatrième jour du procès à Guéret. « Ils sont pleinement coupables », avait-il asséné.

5,8 kg à 22 mois

Le 25 avril 2013 lors de sa dernière visite chez le médecin, « Gabin pesait 8,550 kg, six semaines plus tard, quand il est mort il ne pesait plus que 5,825 kg. Il a perdu 32 % de son poids. C’est le poids qu’il faisait à trois mois », a souligné l’avocat général rappelant les conclusions de l’autopsie : Gabin « est mort de dénutrition et de déshydratation aboutissant à une cachexie c’est-à-dire qu’il n’avait que la peau sur les os sans masse graisseuse ».

« Sur le constat de sa mort, on peut lire que Gabin était d’une saleté extrême […] Il était d’une maigreur extrême, on pouvait lui compter les côtes », a-t-il poursuivi, rappelant quelques-uns des détails insoutenables qui ont éprouvé la salle d’audience depuis mardi.

« Quatre semaines après la dernière consultation » chez le médecin généraliste, « les parents retournent chez le docteur pour parler des problèmes de couple. Ils ne parlent pas de Gabin. Deux semaines après, il meurt », a-t-il encore accusé.

Le médecin de famille bientôt jugé

Edouard R., 40 ans, et Céline V., 34 ans, comparaissaient libres pour « privation de soins ou d’aliments suivie de mort d’un mineur de 15 ans ». Ils avaient reconnu a minima des manquements. Les experts ont évoqué à la barre une « situation de négligences et de carences extrêmement sévères » comme causes de la mort.

À l’époque, les parents – le père ouvrier était en arrêt-maladie et la mère sans emploi – avaient dit traverser des difficultés de couple et d’argent. À leur domicile, les enquêteurs avaient découvert des literies sales, des denrées périmées dans le réfrigérateur, le carnet de santé de l’enfant « sous les détritus ».

Jeudi, le médecin traitant de la famille, qui doit être lui aussi prochainement jugé en correctionnelle pour « non-assistance à personne en péril », avait à la barre concédé « a posteriori », une « grossière erreur », une « erreur d’appréciation ». Entendu comme témoin, il avait assuré n’avoir « jamais constaté un quelconque signe de danger et de péril sur cet enfant », qu’il avait vu sept fois entre janvier 2012 et avril 2013.

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