Netflix : L’affaire Grégory est disponible aujourd’hui

“Grégory”. Le titre est simple mais extrêmement évocateur. Avec cette nouvelle série made in France, Netflix se penche sur l’histoire du meurtre du petit Grégory Villemin, un fait divers vieux de 35 ans et dont l’enquête continue de connaître des rebondissements de nos jours.

La productrice Élodie Polo Ackermann et le réalisateur Gilles Marchand appliquent un regard neutre et rigoureux sur une enquête hors normes. Un série documentaire en cinq épisodes à découvrir ce mercredi sur la plateforme SVOD.

«Cette affaire si emblématique, personne ne la connaît aussi bien qu’il ne le croit », souligne Élodie Polo Ackermann. Avec le réalisateur de cinéma Gilles Marchand, la productrice signe pour Netflix une admirable enquête en cinq épisodes sur le meurtre de Grégory Villemin, noyé à l’automne 1984 dans la Vologne. Dans la veine des documentaires «true crime» (Making a Murderer), Grégory retrace avec une rigueur remarquable l’enquête, son emballement judiciaire et médiatique. Apparaissent les rancœurs au sein d’un clan persécuté par un corbeau. Avec une double exigence, ne jamais courir après l’actualité – les rebondissements de 2017 sont évoqués dans l’épilogue – et rendre l’affaire compréhensible pour les générations qui n’ont pas vécu ce drame hypermédiatisé et le public international.

Une vingtaine de témoignages du premier cercle ont été collectés. Seize utilisés: enquêteurs, avocats et greffiers, reporters. Les Villemin apparaissent via des images d’archive. «Nous avons regardé les reportages de l’époque. Dès que nous apercevions une caméra dans le champ, nous tracions les images qu’elle a pu capter», décrypte au Figaro Élodie Polo Ackermann. L’Institut national de l’audiovisuel ne disposait pas forcément des rushs de France 3 qu’il a fallu aller chercher chez Gaumont. D’autres extraits proviennent de la télévision luxembourgeoise. Grégory propose des séquences marquantes comme l’enterrement du petit garçon d’où se détachent les cris de sa mère. Sont aussi diffusés les coups de fil du corbeau. Pour contrebalancer la qualité audio mauvaise des enregistrements, les lettres à la graphie si particulière apparaissent à l’écran.

Nous avons eu beaucoup de scrupules dans nos recherches

En relevant le défi d’aborder le fait divers le plus emblématique des années 1980, Élodie Polo Ackermann et Gilles Marchand ont voulu ont voulu proposer une écriture documentaire différente. «Aller vers le vécu, examiner comment ce meurtre non résolu a marqué, pour la vie, les esprits de ceux qui étaient aux premières loges». Les interlocuteurs du duo témoignent dans une atmosphère de pénombre. Pilier de l’émission, l’ancien journaliste de Paris Match Jean Ker a ouvert ses enregistrements audio et ses archives photos.

En tout, Élodie Polo Ackermann et Gilles Marchand ont eu à choisir et à monter parmi plusieurs centaines d’heures de documents, d’archives et de témoignages. Ce travail de fourmis illustre comment une succession d’erreurs a fait dérailler l’instruction et eu des conséquences dramatiques, voire des morts. «Nous avons eu beaucoup de scrupules dans nos recherches. Sans jamais perdre de vue la responsabilité que nous avions vis-à-vis des protagonistes de l’affaire, nous voulions restituer le caractère vertigineux du dossier, conclut la productrice. Plus il se remplit, plus la vérité se dérobe .  Quand les faits divers sont racontés avec clarté, ils nous apprennent quelque chose sur notre société et notre âme.»

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