Vidéo maltraitances : La maladroite, le film a revoir absolument

Le bouleversant téléfilm sur la maltraitance des petits diffusé sur France 3 s’impose en tête des audiences avec près de 4,5 millions de téléspectateurs.

Près de 4,5 millions de téléspectateurs! « La Maladroite », le bouleversant et excellent téléfilm sur les enfants maltraités diffusé sur France 3 s’est largement imposé en tête des audiences mardi soir. Porté par Isabelle Carré et Émilie Dequenne, la fiction a rassemblé 4,48 millions de personnes soit une part de marché 19,6 % des individus de quatre ans et plus, selon l’institut Médiamétrie.

La petite Stella (Elsa Hyvaert), 6 ans, accumule les absences à l’école où ses comportements, parfois agressifs, montent ses jeunes camarades contre elle. Ses parents (Damien Jouillerot et India Hair qui prête au personnage de la mère une nervosité assez vite suspecte) prétendent avoir perdu son carnet de santé et plaident une santé fragile due à une maladie auto-immune. Stella refuse de retirer ses gros cardigans, invente mille prétextes pour éviter la piscine, se jette sur la nourriture à la cantine et chaparde le goûter des autres : « Les oiseaux ont pris le mien. »

« Je suis maladroite »

Des indices suffisants pour que ses enseignantes (incarnées tour à tour par Isabelle Carré et Emilie Dequenne) commencent à nourrir de sérieux doutes. Récompensée au festival des créations audiovisuelles de Luchon, la fiction sensible d’Éléonore Faucher, auteure de « Brodeuses » et de « Gamines », s’appuie sur « la Maladroite », un roman d’Alexandre Seurat, inspiré d’un fait divers survenu en 2009. L’histoire de Marina, 8 ans, que les sévices infligés par son père et sa mère avaient conduite à la mort dans la Sarthe : ils ont été condamnés en 2012 à trente ans de réclusion criminelle pour actes de torture et de barbarie.

La petite Stella (Elsa Hyvaert), 6 ans, accumule les absences à l’école où ses comportements, parfois agressifs, montent ses jeunes camarades contre elle. Ses parents (Damien Jouillerot et India Hair qui prête au personnage de la mère une nervosité assez vite suspecte) prétendent avoir perdu son carnet de santé et plaident une santé fragile due à une maladie auto-immune. Stella refuse de retirer ses gros cardigans, invente mille prétextes pour éviter la piscine, se jette sur la nourriture à la cantine et chaparde le goûter des autres : « Les oiseaux ont pris le mien. »

« Je suis maladroite »

Des indices suffisants pour que ses enseignantes (incarnées tour à tour par Isabelle Carré et Emilie Dequenne) commencent à nourrir de sérieux doutes. Récompensée au festival des créations audiovisuelles de Luchon, la fiction sensible d’Éléonore Faucher, auteure de « Brodeuses » et de « Gamines », s’appuie sur « la Maladroite », un roman d’Alexandre Seurat, inspiré d’un fait divers survenu en 2009. L’histoire de Marina, 8 ans, que les sévices infligés par son père et sa mère avaient conduite à la mort dans la Sarthe : ils ont été condamnés en 2012 à trente ans de réclusion criminelle pour actes de torture et de barbarie.

Isabelle Carré, Elsa Hyvaert (© Jean-François Baumard/LM Films/FTV)

Isabelle Carré, Elsa Hyvaert (© Jean-François Baumard/LM Films/FTV)

A l’image d’Alexandre Seurat, qui organisait son récit autour d’un chœur antique de témoignages, Eleonore Faucher choisit de construire son film sur les points de vue extérieurs de chacun pour décrypter un cas de maltraitance. Le spectateur n’obtient donc jamais d’explications sur les raisons du comportement des parents ou le calvaire intime enduré par la gamine dont les versions sur les bleus et les marques qu’elle porte sur le corps (« Je suis maladroite », soutient-elle) concordent toujours avec celles avancées par la famille. Un calvaire dont il est très tôt conscient et dont la découverte ne constitue jamais un enjeu.

« Le vilain petit canard »

La réalisatrice procède par touches successives pour décrire les doutes, la peur de l’erreur, les démarches plus ou moins affirmées et souvent infructueuses du corps enseignant. Mais aussi la prudence de voisines rétives à l’idée de se mêler de la vie des autres, l’aveuglement et la surdité des médecins (« infractions insuffisamment caractérisées », décrètent-ils), la lourdeur et l’inertie d’instances sociales promptes à se faire blouser par des parents qui ont mis en place une stratégie parfaite. Lorsque le cercle des suspicions se resserre, ils déménagent illico dans un autre département.

Utilisation du flash-back – en particulier un interrogatoire de Stella -, interprétation sobre et soignée, au premier rang de laquelle s’inscrit Elsa Hyvaert, petite guerrière gracieuse attachée à protéger son secret et désireuse de devenir, un jour, gendarme « pour aider les autres »… Éléonore Faucher évite l’écueil du film-dossier. Plutôt que de dénoncer avec des semelles de plomb, elle montre. Un martyre dont nous percevons les traces, mais qui refuse de dire son nom, l’enfermement dans la prison d’un silence impossible à briser. Celui d’une petite fille en souffrance touchée par « le Vilain petit canard », ce conte d’Andersen raconté à dessein un de ses maîtres, dans lequel elle se reconnaît. Chaque année, en France, 130 enfants meurent sous les coups de leurs parents et 5 000 sont victimes de mauvais traitements.

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