Nantes : 12 ans de prison pour le conjoint qui avait traîné sa compagne sur 2 km

Makrina sera handicapée à vie, malgré l’intervention de témoins pour s’interposer. Un passager qui n’était pas intervenu a également été condamné.

Il y a quelques jours, l’inspection générale de la justice faisait le tragique constat de 80 % des plaintes pour violences conjugales classées sans suite. Dans 20 % des cas, les investigations se poursuivent, et la justice juge les auteurs présumés de violences. Jeudi, la cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné à 12 ans de prison un homme de 41 ans pour avoir traîné en voiture sur près de deux kilomètres sa compagne, retenue par sa ceinture de sécurité et qui s’était vu prescrire 610 jours d’ITT.

Le 17 décembre 2015, dans l’après-midi, Fabrice S. cherchait de la cocaïne avec sa compagne Makrina, roulant dans Nantes avec sa Ford Escort break sans permis, sans assurance et sans contrôle technique.

Une dispute avait éclaté, suivie de coups, qui avaient poussé des témoins à tenter de s’interposer pour bloquer le véhicule et défendre la passagère. Cette dernière s’était retrouvée à l’extérieur de la voiture, prisonnière de sa ceinture de sécurité. Mais celle-ci était défectueuse et ne pouvait plus s’enrouler alors que le conducteur accélérait brusquement. Sa compagne a été traînée sur 1,9 km, tandis qu’un automobiliste suivait la voiture pour tenter de l’arrêter. Il a fallu un virage pour que la ceinture cède. Le conducteur avait ensuite pris la fuite.

La victime avait été trouvée dans un état si grave que les médecins avaient longtemps douté qu’elle puisse survivre. Aujourd’hui âgée de 47 ans, elle reste handicapée, et ses séquelles sont irréversibles.

L’accusé, jugé pour « avoir volontairement commis des violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente », a expliqué lors du procès qu’il n’avait pas eu conscience de traîner sa compagne jusqu’à ce que la ceinture craque. L’avocat général lui a reproché de s’être « abrité derrière une pseudo-amnésie très sélective ».

« Une femme traînée sur deux kilomètres, en pleine ville, en plein jour, par son conjoint violent, parce qu’il y a eu une dispute, c’est du jamais-vu », a déclaré l’avocat de la victime, Me Pierre Huriet. Il a estimé que les « réquisitions élevées » correspondaient « à la gravité de ce dossier ».

Le passager arrière de la voiture, poursuivi pour s’être volontairement abstenu de porter assistance à la victime, a été condamné, lui, à quatre ans de prison dont deux avec sursis.

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