Société : Des ébats d’un couple homosexuel ont été diffusées sur les réseaux sociaux

Les images des ébats d’un couple homosexuel ont été diffusées sur les réseaux sociaux, provocant de nombreux messages de haine.

Quelques secondes d’un moment très intime filmé, la diffusion sur un réseau social et des milliers de tweets. Depuis lundi soir, la commune de Noisiel (Seine-et-Marne) est associée à une vague massive d’homophobie.

Les images, filmées par l’un des protagonistes, montrent un jeune homme faire une fellation à un autre. La séquence a été partagée sur Twitter, sans que l’on sache si les deux jeunes gens étaient à l’origine de cette diffusion, amplifiée par les tweets, retweets et partages sur Snapchat des internautes. Au point que le hashtag (mot clé) #Noisiel a un temps été parmi les plus évoqués sur Twitter mardi.

« Un certain nombre de gens ont commenté, d’abord sur la présence ou non d’homosexuels à Noisiel, à la façon d’une guéguerre de bandes. Il y avait aussi des tweets visant les personnes de la vidéo. Puis la vidéo est devenue virale », retrace Jérémy Faledam, co-président de SOS homophobie, contacté par nos soins. Une autre partie des commentateurs dénonce cet acharnement.

«Une pensée pour ce jeune Noisielien qui vit des moments difficiles»

Si aucune plainte n’a été déposée, l’affaire a pris une ampleur telle que le maire (PS) de la commune s’est exprimé. « J’ai une pensée pour ce jeune Noisielien qui vit des moments difficiles. Il faut le protéger », martèle Mathieu Viskovic, qui a été alerté mardi dans la matinée.

« Nous ne sommes pas en contact avec la personne présente sur la vidéo diffusée ou avec son entourage. Nous avons appris, par d’autres tweets, que cette personne a quitté la commune depuis », ajoute Jérémy Faledam. Selon le maire de Noisiel, qui cite des proches du jeune homme, il aurait même quitté le pays. Depuis, les images ont été effacées.

Mais l’affaire continue de faire réagir et plusieurs personnalités ont pris position. « Tout est sidérant derrière le hashtag #Noisiel. L’ignominie des propos homophobes et racistes, le cyber harcèlement en meute, la propagation virale d’une vidéo à caractère sexuel. Il est temps de responsabiliser les plateformes et ceux qui propagent ces contenus », condamne Laetitia Avia, députée LREM de Paris. « Ça ne peut plus durer ! D’où qu’elle vienne, où qu’elle s’exprime, l’homophobie doit être condamnée », estime Élise Fajgeles, élue de Paris. « Combattons l’homophobie partout, dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque cité et sur Internet », abonde le candidat à la mairie de Paris, Cédric Villani.

«Un prétexte pour les réactionnaires afin de stigmatiser les banlieues»

Pour certains, l’affaire est symptomatique de l’homophobie qui règne dans les banlieues françaises. « Ces commentaires homophobes n’ont rien à voir avec l’ouverture d’esprit qui caractérise Noisiel et ses habitants », repousse Mathieu Viskovic. « Malheureusement, l’homophobie est présente dans toutes les strates de la société. Ce n’est pas un phénomène propre à la banlieue parisienne. C’est une réalité qu’il faut combattre. Noisiel est une ville ouverte où chacun a sa place, quelles que soient son origine, ses croyances ou ses préférences sexuelles », continue-t-il.

La conclusion est plus nuancée du côté de SOS Homophobie. « La nature des tweets et l’ampleur du phénomène permettent d’affirmer qu’il s’agit d’un problème d’homophobie dans les banlieues dans cette affaire, mais ce n’est pas le seul endroit où il y a de l’homophobie », avance Jérémy Faledam. Et de préciser sa pensée : « Sans nier le fait qu’il y a un sujet sur l’homophobie dans les banlieues, nous regrettons que cette situation soit, une fois de plus, un prétexte pour les réactionnaires afin de stigmatiser les banlieues ».

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