Shanèse morte en Bulgarie en novembre 2018, la famille veut des réponses

Shanèse Téodoro est morte en Bulgarie en novembre 2018 et la justice du pays a conclu au suicide. Les parents de la jeune femme, qui ne croient pas à cette version des faits, ont porté plainte. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête mais la Bulgarie tarde à transmettre le dossier pénal.

Pour la justice bulgare, l’affaire est classée : Shanèse s’est suicidée. Son corps a été retrouvé le 2 novembre 2018, pendu dans une ruelle de Lovetch, à 150 kilomètres de Sofia. La jeune femme de 23 ans, originaire de La Malleraye-sur-Seine, était arrivée pour un an dans la capitale bulgare dans le cadre du programme Erasmus. 

Ce week-end là, elle était venue à Lovetch avec un ami. Pour de détendre, mais également pour travailler. L’étudiante en sociologie, inscrite à l’université de Besançon, enquêtait sur le logement social, et notamment sur le détournement des subventions européennes.

La justice bulgare a conclu au suicide

Que s’est il passé ce soir là ? Personne ne le sait. C’est un gardien d’immeuble qui a trouvé le corps de la jeune femme dans une rue toute proche du palais de justice, pendu à un câble électrique situé à moins d’un mètre de hauteur. L’examen et les analyses n’ont pas constaté de traces de violences, pas d’alcool dans le sang, mais des traces de MDMA, une sorte d’Extasy. Après enquête, la justice bulgare a conclu au suicide et classé l’affaire. 

Une version à laquelle sa famille ne croit pas. Shanèse était une élève brillante, titulaire du bac a 16 ans, dynamique et travailleuse. Elle espérait boucler son mémoire de sociologie à l’issue de son année d’études à Sofia. Une très jolie brune, bien dans sa peau, proche de ses parents, qui nouait facilement des amitiés et dont le petit ami devait la rejoindre deux semaines plus tard. Pas du tout le profil d’une jeune fille suicidaire. 

Des images manquantes sur la vidéosurveillance

Les parents de la jeune fille ont porté plainte et le Parquet de Paris, compétent pour les décès suspects à l’étranger, a ouvert une enquête. Depuis l’OCRVP, l’office central de répression des violences aux personnes a commencé les investigations. Et selon l’avocat de la famille, des éléments nouveaux sont apparus. Il manque des images sur l’enregistrement des caméras de vidéosurveillance de la ville cette nuit là“On la voit courir, prendre la petite ruelle où son corps va être retrouvé, et pendant deux minutes, il n’y a plus rien, plus d’images. On ne sait pas si elle était poursuivi par quelqu’un” explique Maître Arnaud de Saint Rémy. Pourquoi cette coupure ? L’avocat aimerait bien le savoir. Une expertise informatique et une réquisition auprès de Facebook ont aussi été ordonnées. Une connaissance de la jeune femme aurait transmis au Parquet de Lovetch des échanges qu’elle aurait eu avec elle via Messenger dans lesquelles Shanèse évoquait ses idées suicidaires. Mais il n’y en a pas trace dans le téléphone de la victime. 

Le Parquet de Paris a fait une “demande d’entraide pénale internationale” il y a plusieurs semaines à la justice bulgare pour obtenir le dossier pénal de l’enquête, sans réponse pour l’instant. L’avocat de la famille en appelle au Ministère des Affaires Étrangères pour qu’il interpelle les autorités bulgares. Car l’enquête est gelée dans l’attente de la transmission du dossier. “Nous voudrions connaître la vérité sur la mort de Shanèse” conclut Arnaud de Saint Rémy. Sa consœur bulgare a fait appel de la décision de classement du Parquet de Lovetch, mais son recours n’a pas encore été examiné. 

Avec FB

Laisser un commentaire