Seine-Saint-Denis: Deux élèves mort en deux mois, un lycée se mobilise

Une vingtaine d’élèves du lycée ont été violemment agressés en plus des deux meurtres. 

“Deux morts en deux mois, que fait l’Etat ?”: une centaine de parents et d’enseignants se sont rassemblés mercredi soir devant le lycée d’Alembert Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), sous le choc après le meurtre de deux élèves. 
    
“Ces deux morts ne sont que les versants les plus dramatiques de la violence quotidienne que subissent nos élèves”, a dit un représentant des personnels, sur le parvis du lycée professionnel d’Alembert. Face à lui, une banderole avait été tendue: “deux élèves morts en deux mois: que fait l’Etat ?”.

Ce jeudi les personnels du lycée ont publié un communiqué pour exprimer leur colère: “Nous refusons de nous habituer à cette violence et exigeons les moyens d’assurer la sécurité et l’éducation de nos élèves”, écrivent-ils. 

“Ces 2 morts, insupportables, inconcevables, ne sont que les versants les plus dramatiques de la violence quotidienne que subissent nos élèves (…) depuis la rentrée de septembre, au moins 20 élèves ont subi des agressions violentes”, poursuit le personnel.

Ils en appellent enfin à plus de sécurité, disant ne plus supporter “ce fatalisme”  et exigent un poste de CPE supplémentaire ainsi que deux postes d’AED à temps-plein. 


Le 4 octobre, Kewi, 15 ans, avait été mortellement poignardé aux Lilas en marge d’un cours d’EPS, sur fond de rivalités entre quartiers. Samedi, c’est Djadje, 19 ans, qui est mort des suites de ses blessures, après avoir été poignardé en bas de son immeuble de Saint-Ouen. 
    
Les deux meurtres n’ont à ce stade “aucun lien”, selon une source proche de l’enquête. Mais ils ont fortement ému parents et enseignants. D’autant que depuis la rentrée, “au moins 20 élèves ont subi des agressions”, selon eux. “Agressions physiques”, “séquestrations”, “intimidations armées”: ces violences ont eu lieu à l’extérieur de l’établissement, “mais elles infusent dans le lycée, les élèves les ressentent”, explique un enseignant.
    
“Dans ma classe, un élève a été frappé à cause d’embrouilles de cités. Il a dû changer de lycée”, raconte à l’AFP Hatouma, 17 ans, élève en première. “On est triste, mais en colère aussi”, ajoute-t-elle. “C’est pas normal toutes ces violences. On veut que ça s’arrête.”
    
Les personnels mobilisés ont exercé leur droit de retrait lundi et mardi. Ils réclament des moyens pour “assurer la sécurité et l’éducation des élèves”. Parmi leurs demandes: deux postes de surveillants et un CPE supplémentaires, le classement du lycée en zone d’éducation prioritaire, comme le collège attenant, ou la rénovation des locaux. 
    
Sollicité par l’AFP, le rectorat s’est dit “préoccupé” par ces violences “qui peuvent avoir un retentissement sur la scolarité des élèves”. Mais, ces violences ayant lieu à l’extérieur de l’établissement, “ce sont avant tout des problématiques de sécurité publique”, a-t-il souligné.

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