Affaire Sophie Le Tan: le suspect continue de clamer son innocence après la découverte du corps

Le principal suspect, Jean-Marc Reiser, a été interrogé sur la découverte des ossements du squelette incomplet de Sophie Le Tan, disparue le 7 septembre 2018. Les trois précédentes auditions devant la juge avaient eu lieu avant la découverte du corps. Il a continué à clamer son innocence face à la juge.

Jean-Marc Reiser, mis en examen pour l’assassinat de l’étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, a continué de clamer son innocence, pendant son interrogatoire ce vendredi au tribunal de Strasbourg, le premier depuis la découverte du corps de la jeune femme fin octobre.

Le suspect de 59 ans est arrivé peu après 9h à bord d’un fourgon de l’Administration pénitentiaire, a constaté une journaliste de l’AFP. Son interrogatoire dans le cabinet de la juge d’instruction Eliette Roux a débuté à 10h, a indiqué l’un de ses avocats, Me Pierre Giuriato.

Aucun lien entre les ossements et l’accusé pour l’instant

“Il continue de clamer son innocence” et d’affirmer “qu’il n’est pas en lien avec le décès de Sophie Le Tan”, a déclaré l’avocat du suspect, Me Pierre Giuriato, à l’issue de trois heures et demie d’interrogatoire mené par la juge d’instruction chargée du dossier. Les trois précédentes auditions devant la juge avaient eu lieu alors que l’étudiante, disparue en septembre 2018, était toujours recherchée. 

Plus d’un an après sa disparition, le squelette incomplet de Sophie Le Tan a été découvert fin octobre dans une forêt vosgienne, à Rosheim (Bas-Rhin), où le suspect se rendait régulièrement. Selon de premiers éléments d’analyse des ossements dévoilés par le parquet, le fémur de l’étudiante avait été sectionné avec un instrument dont la nature restait à préciser.

“Pour l’instant, il n’y a aucun lien probant entre ces sections et Jean-Marc Reiser”, a indiqué Me Giuriato. Une scie portant des traces de l’ADN de Sophie Le Tan sur le manche a été retrouvée dans la cave du domicile de Jean-Marc Reiser ainsi que d’importantes traces du sang volontairement nettoyées dans son appartement. “Il faut maintenant qu’on attende car forcément le corps de Sophie va parler”, a observé l’avocat, parlant de son client comme “quelqu’un qui doute très peu quand il répond aux questions et qui est constant dans ses explications”.

“Justice, vérité pour Sophie”

Devant le tribunal, une dizaine de proches de Sophie Le Tan avaient accroché une pancarte demandant “Justice, vérité pour Sophie”. “Une audition de plus et toujours rien. Il n’avoue absolument rien et c’est encore une fois une déception pour la famille qui recherche la vérité”, a réagi devant le tribunal Laurent Tran Van Mang, cousin de Sophie Le Tan, précisant que les parents de la jeune femme allaient “mal, très mal”.

“La famille espère la vérité et des aveux, mais on fait face à quelqu’un qui a une personnalité très complexe et, vu les précédentes auditions, on a peu d’espoir”, a-t-il déclaré.

Mais “on n’a pas besoin d’aveux dans ce dossier, les charges (…) sont suffisantes pour qu’on n’ait pas besoin de sa parole”, a estimé Me Rémi Stephan, l’un des avocats de la famille. Selon lui, compte tenu de la découverte du corps fin octobre, cet interrogatoire ne sera pas le dernier avant la clôture de l’instruction et donc un éventuel procès aux assises n’est pas à attendre avant 2021.

“Jean-Marc Reiser a choisi de chercher à échapper à ses responsabilités, c’est insupportable pour la famille, Sophie est morte dans des conditions atroces”, a déclaré Me Rémi Stephan. “C’est quelqu’un qui a toujours réponse à tout, même si ses réponses sont contradictoires”, a-t-il regretté.  

Une enquête pour une disparition similaire rouverte

Sophie Le Tan avait disparu alors qu’elle devait visiter un appartement à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, le jour de son vingtième anniversaire. L’annonce immobilière avait été postée par Jean-Marc Reiser. Condamné pour viols dans le passé, il avait été arrêté quelques jours plus tard et mis en examen pour assassinat, des traces de sang de l’étudiante ayant été relevées chez lui, notamment sur une scie. Selon de premiers éléments d’analyse des ossements retrouvés fin octobre, le fémur de l’étudiante avait été sectionné avec un instrument dont la nature restait à préciser.

Le nom de Jean-Marc Reiser est réapparu récemment dans une autre affaire, celle de la disparition de Françoise Hohmann, une jeune femme disparue en 1987. Soupçonné de l’avoir tuée, Jean-Marc Reiser avait été acquitté en 2001 au bénéfice du doute mais l’avocat des proches de la victime, Me Thierry Moser, a indiqué mardi avoir demandé la réouverture de l’enquête, pointant “d’étranges similitudes” avec la disparition de Sophie Le Tan.

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