Charente-Maritime : il avait organisé le rapt et le viol de sa fille depuis sa prison

Il y a un an, la police empêchait l’enlèvement et le viol d’une fillette préparés par son père depuis sa prison. Celui-ci a contesté les conditions de sa détention devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers, dans la Vienne.

Une affaire vieille de plus d’un an et qui semble loin d’être arrivée à son terme est revenue sous les feux de l’actualité récemment devant la chambre de l’instruction de Poitiers (Vienne). Le lundi 5 novembre 2018, les policiers interpellaient en gare de Bordeaux, en Gironde, un Vosgien quadragénaire, surnommé Timy, portant un sac contenant tout le nécessaire pour procéder à un enlèvement : deux paires de menottes, des colliers de serrage, du ruban adhésif…

L’homme s’apprêtait à enlever une fillette de 9 ans qui réside avec sa mère à Montendre, en Charente-Maritime, avec l’intention de la violer.
Le père purgeait alors une peine de dix ans de réclusionLes forces de l’ordre avaient été alertées par la mère de la petite fille, inquiète de savoir que le père de cette dernière avait réussi, alors que cela lui était interdit, à prendre contact par téléphone avec elle depuis le centre de détention de Bédenac, en Charente-Maritime également, où il purgeait une peine de dix ans de réclusion criminelle pour des viols sur mineur. La fillette racontait à sa maman qu’elle devait sortir de chez elle à une heure précise le dimanche suivant, 11 novembre, et que si elle obéissait, elle recevrait des cadeaux.

Les policiers ne tardaient pas à mettre en parallèle ces événements inquiétants avec une enquête en cours menée par la police judiciaire, notamment depuis Lyon, dans le Rhône : les investigations venaient de mettre au jour des échanges via le darknet (1) aux termes desquels un homme proposait à son correspondant – le quadragénaire vosgien – d’enlever sa propre fillette et d’en abuser sexuellement.

Sa fille est au centre de ses obsessions malsainesL’avocate générale, chambre de l’instruction de la cour d’appel, Poitiers

Mis en examen pour association de malfaiteurs en vue d’un acte criminel, tentative d’enlèvement de mineur et diffusion d’images pédopornographiques, les deux hommes sont actuellement incarcérés sous le régime de la détention provisoire. Selon Me Aurélie Noureau, qui défend le père de la fillette, un Bordelais âgé de 40 ans, celui-ci supporte mal l’isolement complet auquel il est soumis dans le cadre de cette détention, à Gradignan, en Gironde, désormais : il demande à retrouver le statut de détenu condamné, dans l’attente du procès.

Devant le juge des libertés et de la détention (JLD), il a récemment reconnu « être dangereux », d’après l’avocate générale de la chambre de l’instruction qui considère : « Sa fille est au centre de ses obsessions malsaines ». Pour Me Aurélie Noureau, son client est certes « un grand malade », mais il affirme que ses démarches sur le darknet étaient seulement « de l’ordre du fantasme ». Sans surprise, la cour a confirmé la décision du JLD et a maintenu le quadragénaire sous le régime de la détention provisoire.

(1) Le darknet, ou internet caché, est un réseau parallèle inaccessible aux moteurs de recherche : permettant de communiquer de manière anonyme, il héberge, notamment, des activités illégales.

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