30 ans de prison requis pour avoir tué et caché le cadavre d’une femme dans un clic-clac

Après deux jours d’audience, l’avocat général a requis 30 ans de prison, la peine maximale contre un espagnol accusé d’avoir tué Anne-Marie Varenas et d’avoir caché son corps dans le coffre d’un clic-clac en février 2016.

30 ans de réclusion criminelle et une interdiction définitive de revenir sur le territoire français, la peine maximale a été requise par l’avocat général à l’encontre d’un espagnol de 53 ans, ce jeudi. Des réquisitions pour souligner la violence et la gravité des faits, expliquera le ministère publique à l’audience. 

Quatre minutes d’étranglement, quatre minutes de silence aux Assises

Pour appuyer son réquisitoire et insister sur l’intention de donner la mort à Anne-Marie Varenas, l’avocat général lancera un chronomètre et laissera passer quatre minutes de silence total dans la salle d’audience. Quatre minutes, c’est la durée de l’étranglement subi par la victime. L’expérience ayant pour but de montrer à quel point c’est long, à quel point, il faut vouloir tuer pour écraser un cou aussi longtemps

“Il est particulièrement dangereux pour nous tous.” – L’avocat général, Julia Salery

Le ministère public rappellera dans ses réquisitions, qu’avant le meurtre d’Anne-Marie Varenas, l’accusé a déjà purgé 11 années de prison pour avoir incisé la gorge de son dealer ou encore “démoli” selon les mots de l’accusé, un surveillant de prison. L’avocate des parties civiles, Me Khadija Aoudia, appuiera cette violence en rappelant dans sa plaidoirie que la victime a été traitée “comme un chiffon, un animal“. Après l’avoir étranglée, l’accusé “dormira à côté d’une âme morte sans que cela ne lui pose aucune difficulté“. “On la jettera” le lendemain “dans le coffre d’un clic-clac. Voilà le respect dont fera preuve José Gonzales“. 

“C’est un tueur !” – L’avocat général, Julia Salery

Le ministère public insistera sur le nombre de blessures sur le corps de la victime. “On autopsie sous X. On ne sait même pas à qui on a affaire. On autopsie un cadavre en décomposition caché dans un clic-clac depuis plusieurs jours“.  

Des traits de caractères dangereux 

La dangerosité de l’accusé est également étayée par les différents experts. Le psychiatre décrit “une personnalité égocentrique aux traits de caractères dangereux“. La psychologue “un homme sans remord, qui crée des liens avec les autres uniquement par intérêt“. “Capable de jouer des rôles de composition, pour attendrir son entourage, pour parvenir à ses fins” expliquera aussi l’un de ses anciens employeurs.

“Les traces de coups ? C’est peut être parce qu’elle était sous le sommier.”  – L’accusé, José Gonzales

Jamais l’accusé n’avouera les coups portés ou ne dira avec quoi les 10 plaies ont été faites sur le palais de la victime. Crâne rasé, blouson noir, grosse barbe, José Gonzales parait sûr de lui, faisant preuve d’une grande distance avec les faits. “Moi je suis innocent de tout ce dont on m’a accusé“, voilà les premiers mots prononcés par cet espagnol lors de son procès. Il se corrigera presque dans la seconde pour ajouter “enfin je suis coupable d’avoir tué Anne Marie“. Le maçon osera même dire pendant le procès “s’être pardonné” de ce meurtre, qu’il ne “faut pas pleurer Anne-Marie, qu’elle est bien là-haut“. Dans un délire presque mystique, l’accusé remettra sa faute “à Dieu“. Et bien “puisqu’il est question de Dieu à cette audience” conclura le ministère public, “il me semble qu’une Maxime dit : tu ne tueras point“. 

Le verdict de la Cour sera rendu vendredi matin aux assises de Nîmes. 

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