Sarcelles : La mère tortionnaire évite la prison !

L’avocat du jeune S., torturé par sa mère, est satisfait du verdict de la cour. Cette femme ne retournera pas en prison pour permettre à la famille de se reconstruire. Mais elle reste sous la menace d’un sursis.

La cour d’assises a accordé un avenir à une famille revenue de l’enfer. Ce mercredi après-midi, elle a estimé que N., une mère de 33 ans, avait bien commis des actes de torture et de barbarie sur son fils de 11 ans à l’époque, en 2012.

Mais elle a prononcé une peine de prison ferme couvrant juste la détention provisoire effectuée, évitant à l’accusée, qui a renouvelé ses regrets, de retourner en prison et sauvegardant ainsi une structure familiale en pleine reconstruction. Son fils a regagné l’appartement de sa mère à Sarcelles depuis septembre, quittant à sa demande le foyer où il était placé, et retrouvé son beau-père et les autres enfants de la famille. La cour ne lui a pas retiré son autorité parentale sur ses enfants.

La mère reste toutefois sous la menace d’un sursis important pouvant être révoqué en cas de nouvelle condamnation. Elle écope de 5 ans de prison, dont 4 ans et trois mois de sursis mise à l’épreuve. Pendant trois ans, elle devra suivre des soins mais aussi travailler ou se former, sous peine d’être incarcérée à nouveau.

« Les choses se sont apaisées »

« C’est une bonne décision de Justice qui tient compte de l’évolution très positive de part et d’autre » a commenté Me Christian Gallon, qui représentait les intérêts du jeune S. aujourd’hui âgé de 17 ans. Accusation, défense, parties civiles… tous les intervenants du procès qui a débuté ce lundi se sont en fait retrouvés sur cette nécessité de préserver l’avenir.

« Le temps a passé. Les choses se sont apaisées. Nous ne sommes plus devant cette personne froide et indifférente qui était en garde à vue. Les choses sont plutôt rassurantes aujourd’hui. Cela se passe bien mais il y a aussi des hauts et des bas. La situation reste fragile et doit être accompagnée », a souligné dans son réquisitoire l’avocate générale qui a requis 4 ans de prison dont 3 ans et 3 mois de sursis mise à l’épreuve. Mais je vous demande de ne pas oublier le calvaire que S. a subi, a-t-elle insisté à l’adresse de la cour. Ces violences ont laissé des traces physiques et psychologiques, entraîné de la culpabilité, de la honte et de l’impulsivité. Un mécanisme de défense qui a bloqué son intelligence et la construction de sa vie personnelle. » Pour l’accusation, l’eau brûlante jetée sur le fils déshabillé, la lame de couteau chauffée sur la plaque électrique puis apposée sur son bras étaient bien des actes de torture.

La mère aurait perdu tout contrôle ce soir-là

« La renvoyer en prison n’aurait aucun sens, a plaidé Me Alexis Guedj, qui défendait l’accusée. Je vous demande de regarder ce dossier avec humanité. De permettre à la famille de se reconstruire et de se retrouver. Et de faire en sorte que l’avenir de madame soit meilleur que ce qu’elle a vécu. » Il évoque « une vie erratique que l’on ne souhaite à personne ». « Qui a subi ces abandons ? Loin de toute structure familiale, et d’éducation, enceinte à 14 ans ? À Cayenne, avec l’aide de personne, elle l’a élevé comme elle a pu. »

L’avocat a contesté la qualification criminelle d’actes de torture et regretté que « la dimension psychologique de l’affaire soit passée sous silence ». Selon lui, la mère a perdu tout contrôle d’elle-même ce soir-là. « Cela ne s’est passé qu’une fois, souligne-t-il. Il n’y a pas eu d’autres épisodes sur S. ni sur les autres enfants. »

Source le Parisien

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